APPEL

Posted: 4th marzo 2014 by rivincitasociale in Politica
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L’heure est venue pour la revanche sociale des peuples, en Europe et dans le Monde entier.

Le nombre fait la force.

« Il serait grand temps pour les nations de redevenir rationnelles, et de cesser d’être gouvernées comme des bêtes de somme, pour le simple plaisir de leur cavalier. » (Thomas Paine)*

  1. Le contexte; 2) Les points cruciaux du programme; 3) La méthode: formation de comités citoyens pour la revanche sociale; 4) Annexe: les linéaments de la nécessaire nouvelle définition de l’antidumping.

1) Le contexte.

Avec les politiques d’austérité actuelles, la vague néolibérale qui déferle sur le monde depuis plus de 3 décennies s’amplifie. Désormais, les néolibéraux « triomphants » visent ni plus ni moins que la paupérisation systémique des travailleuses et des travailleurs, sans excepter les classes moyennes. Leurs but est d’affaiblir définitivement les peuples et leurs syndicats ainsi que toutes leurs organisations autonomes, tant politiques que culturelles.

Le récent chantage de la part d’Electrolux aux travailleurs italiens a clairement illustré le plan que les dirigeants économiques et politiques désirent porter de l’avant. (1) Etant donné le délitement de la fibre éthico-politique des dirigeants italiens, particulièrement au sein du Parlement et à la tête des syndicats et des partis se réclamant encore du (centre)-gauche, l’élite capitaliste transversale représentée par Electrolux exige désormais de ses travailleurs qu’ils acceptent une paie divisée par deux pour un temps de travail plus court ainsi que des conditions de travail et des bénéfices sociaux dégradés. Elle a en cela l’appui empressé des ministres et des politiciens italiens qui continuent à montrer du doigt le « coût du travail » qu’ils considèrent encore trop élevé. Bien que mon exemple ici se concentre sur le cas italien les mêmes tendances délétères se vérifient partout en Europe comme dans le Monde entier. De fait, en ce qui concerne l’actuel dégradation sociale et démocratique, il semblerait que l’Italie soit devenue le banc d’essai de la régression dont le modèle est destiné à être généralisé. Avant 1992, l’Italie avait le plus grand et plus original parti communiste occidental, parti désormais substitué par un regroupement de renégats sans âme. C’est pourquoi les néolibéraux semblent penser que s’ils réussissent à imposer cette régression en Italie alors ils n’auront aucune difficulté à l’imposer ailleurs. Je crois personnellement qu’ils ont dramatiquement tort.

Dans un tel environnement, il n’était guère surprenant de voir le parti prétendument de centre-gauche (le Parti démocrate ou Pd) dirigé par un politicien membre de la Commission Trilatérale (M. Letta) s’allier transversalement avec la Droite. On se souviendra que M. Prodi, pris de nouveau par un accès d’américanisme servile, souhaitait déjà transformer le Pd en parti des ânons – « partito degli asinelli » – inspiré par la bannière du Parti démocrate américain, donnée ainsi comme horizon à la gauche italienne avec la fumeuse « troisième voie » blairienne. M. Letta ayant été mis brutalement à l’écart par le démocrate chrétien non-élu Renzi flanqué par son Gutgeld, Prodi doit certainement penser que sa mission est désormais accomplie. Il a cependant exprimé quelque doute sur la manière peu démocratique de prendre le pouvoir du nouveau ânon en chef.

Le Pd naquit laborieusement de la dissolution du PCI en 1992. Sa dégénérescence a maintenant atteint son terme logique avec l’élection d’un nouveau dirigeant Matteo Renzi, un soufflé florentin qui prétend faire la grosse voix tout en foulant aux pieds, sans le moindre état d’âme, les principes fondamentaux de la constitution du pays. Il vient de l’ancienne Démocratie chrétienne, de sorte qu’il est peu surprenant de le voir prendre la tête du front transnational et apatride aujourd’hui bien implanté dans la Péninsule, ainsi qu’en Europe et partout ailleurs en Occident. Habituellement, de tels petits compradores se sentent forts, même contre leur propre peuple, lorsqu’ils croient jouir du soutien des puissances du moment. Il est de notoriété publique que le programme de Renzi est surtout redevable à Yoram Gutgeld (la critique de son livre se trouve dans la section Critique de Livres-Books reviews du site www.la-commune-paraclet.com ) Bien entendu, ce calcul opportuniste se vérifie ailleurs bien qu’il soit tragiquement erroné.

Une des pièces maîtresses les plus démagogiques du programme de Gutgeld-Renzi, le soi-disant Jobs Act vise, ni plus ni moins, qu’à porter le coup fatal aux droit du travail afin de porter à terme l’offensive réactionnaire lancée il y a quelques années avec la Loi 30 et ses séquelles (en fait, il s’agit de l’introduction du workfare reaganien accompagné par les multiples formes du travail précaire sous-payé, avec des droits réduits et par conséquent, en fin de course, une pension évanescente.) L’âge de la retraite a de nouveau été repoussé alors que le régime public de retraite était transformé en un plan de pension strictement contributoire férocement lié au présumé rallongement séculaire de la longévité moyenne.

On aura compris depuis longtemps que le projet des néolibéraux consistait à retourner au régime de pension public original des années 1920. Il était calculé pour ne payer les pensions que trois années avant l’âge moyen du décès. Ceci est imposé contre toute raison du fait des données connues concernant l’état de santé des seniors après 55 ans, sans parler de l’impact sur le système de santé. Ceci est imposé sans tenir compte de la pénibilité différentielle du travail selon les catégories d’emploi, ou simplement en reconnaissant le principe sans l’appliquer dans les faits comme dans la France de Hollande. Plus grave encore, alors que les seniors sont irrationnellement forcés de travailler plus longtemps, le Jobs Act de Gutgeld-Renzi mimique la même partition utilisée ailleurs, mais avec un flair opportuniste pour toute ouverture permettant de le faire avaler de force à une population affaiblie, le tout en prétendant, le plus démagogiquement du monde, aider les jeunes. Cette aide viendrait sous la forme d’emplois non-permanents subventionnés mais abstraits durant trois ans de toutes les protections offertes par le code du travail italien (i.e., l’Article 18).

Bien entendu, seul un très petit nombre de ces emplois non-permanents seront transformés en emplois a durée indéterminée après 3 ans. Très vraisemblablement ces employés seront licenciés avant la fin du terme et, au mieux, ré-embauchés dans les mêmes conditions précaires par un autre patron parti lui-aussi à la chasse de ces subventions d’État lui garantissant une force de travail docile et à bon marché. En réalité, avant la publication de cet honteux Jobs Act de Gutgeld-Renzi, les données étaient parfaitement claires: en Italie les jeunes employés doivent attendre près de 17 ans en moyenne avant d’être embauché à temps plein, le temps d’attente étant de 11 ans environ en France. La chose se répète partout ailleurs, bien qu’il faille considérer les variations propres aux industries considérées ainsi que d’autres variables du genre. En réalité, ce qui motiva la proposition fut l’inquiétante participation à la force de travail active des jeunes puisqu’elle est maintenant à son plus bas niveau, alors qu’à l’inverse son taux de chômage est au plus haut. Forcer les seniors à travailler plus longtemps tout en maintenant les jeunes dans des emplois précaires sans grande protection légale n’est rien d’autre qu’une cruelle stratégie visant cyniquement à induire artificiellement un conflit de génération. Ce n’est rien d’autre qu’une variante de la vielle politique consistant à diviser pour régner.

Le problème est que ces gens apatrides se font beaucoup d’illusions. L’économie désormais mature – selon le mot de François Perroux – ne crée plus d’emplois pour les seniors; les emplois du secteur public sont supprimés du fait de la mise en application de la « public policy » monétariste qui prescrit un Etat minimum pour compléter le programme de libéralisation et de privatisation mur-à-mur qui plaît tant à la finance spéculative. Les données révélant la dégradation structurelle sont devenues si dramatiques que l’OCDE même dut en prendre acte – en effet, le taux de chômage affectant les plus de 54 ans affecte maintenant les plus de 50 ans. Ceci n’empêcha pas l’OCDE de conseiller de manière barbare la mise en œuvre de conditions plus restrictives calculées pour forcer les seniors à retourner au travail en acceptant n’importe quel emploi, ce qui aurait bien entendu l’avantage supplémentaire de réduire automatiquement leur pension.(voir la Note 14 ci-dessous) En ce qui concerne les jeunes, le ministre du travail lui-même admit être peu impressionné par ce soi-disant Jobs Act; il le commenta en pointant cruellement l’évidence: « chaque trimestre nous avons 400 mille création d’emplois à temps plein mais autour de 1 million et 600 mille à temps partiel. » nota-t-il. (3) Avec des chiffres de cet ordre le ministre lui-même voit mal comment imaginer une stratégie de généralisation du « revenu minimum garanti ». La généralisation complète de cette stratégie de « partage de la misère parmi les honnêtes citoyens » coûterait au bas mot entre 25 à 30 milliards d’euros, alors que les coffres sont donnés pour vides!

En attendant, voici quelque jours, l’Inps – le fonds de retraite public – a publié un rapport résumant son bilan. Il apparaissait alors que l’an passé le fonds avait viré au rouge et qu’il en serait ainsi pour au moins les 3 années à venir correspondant à la « spending review ». La transition d’un régime constitutionnellement fondé sur la solidarité nationale et interprofessionnelle à un régime minimum strictement contributoire force les employées à financer un fonds de pension complémentaire privé – du moins pour celles et ceux qui peuvent se le permettre . Cette transition fut habillement gérée de manière à vider préventivement les caisses. Ainsi l’Inps finit l’année 2013 en déficit et le restera au-moins jusqu’en 2016. Mais ce n’est pas tout. Alors que la transition vers un régime contributoire est mise en application, la solidarité nationale interprofessionnelle résiduelle est mise à contribution à l’envers: en bref, la plupart des branches de l’Inps étant désormais en déficit, le fonds est artificiellement maintenu en équilibre apparent en raidant les contributions des employées non-permanents et à temps partiel, c’est-à-dire principalement les jeunes. Ainsi que les jeunes peuvent aisément le noter, ces forces régressives d’un autre âge s’empressent de les « aider » principalement en instillant en eux un ressentiment aveugle artificiellement créé envers les seniors, alors qu’il devrait plus justement être dirigé contre leurs exploiteurs qui sont également ceux de leurs seniors.

Cette offensive lancée contre le peuple italien fait partie d’une offensive plus vaste que Gutgeld résuma par la phrase lapidaire suivante: « disloquer, valoriser et titriser l’Italie ». (la traduction est la mienne; en Italien « dislocare, valorizzare, cartolizzare l’Italia.») C’est le pays tout entier qui est visé, y compris son héritage artistique et pas uniquement la part encore publique des grandes entreprises anciennement d’Etat telles les Postes, Enav, Fincantieri, Sace, Finmeccanica etc., ou encore les 3500 entreprises locales, sans excepter celles œuvrant dans le domaine de l’eau, des transports, de électricité et du gaz, toutes devant être privatisées grâce à la nouvelle modification du Titre V de la Constitution. (4) Bien entendu, le même scenario se répète ailleurs: dernièrement, on rapporta que le Portugal entendait vendre ses Mirò – pour quelques millions d’euros – avec le prétexte fallacieux de repayer une partie de la dette! Il s’agit-là bien entendu d’un crime puisqu’il est évident que l’énorme dette portugaise n’est qu’un infâme prétexte pour faire main basse sur l’héritage culturel du peuple, et ceci à rabais.

Les experts des relations de travail néolibéraux philosémites nietzschéens ont le même profile partout; ils chantent en choeur d’après la même partition ou plutôt d’après le même blueprint. Aussi, the Jobs Act de Gutgeld-Renzi jouit de leur support empressé. Voici ce que dit Ichino, un des plus médiatisés de ce groupe avec Boeri et Garibaldi, sur l’affaire Electrolux: « Pietro Ichino nie tout chantage de la part d’Electrolux. ”Les problèmes sont le coût du travail, le taux moyen de productivité et le manque d’ouverture aux investissements étrangers.”» (5) Comme chacun sait, le coût du travail constitue quelque 20 % à 25 % du coût de production. (6) Par conséquent, même si toutes les cotisations sociales étaient supprimées – ce qui ne serait strictement pas possible – le coût de production diminuerait de 6 à 8 % au maximum. Ceci aurait un effet désastreux sur les programmes sociaux car leur coût devrait être transféré sur la fiscalité générale. En bref, il porterait surtout sur les recettes en diminution relative de l’impôt sur le revenu ainsi que sur la TVA alors que la part échéant au capital n’a cessé de baisser pour devenir nominalement évanescente (sans compter plus d’une centaine de milliards de tax expenditures et exonérations diverses , ni plus du double au titre de l’évasion fiscale …) (7) Quoiqu’il en soit, les revenus fiscaux fondent désormais comme neige du fait de la généralisation de l’emploi à temps partiel et non-permanent. Mais ce n’est pas tout: contrairement aux cotisations prélevées sur la fiche de paie, il est peu probable que ces coupures soient également répercutées sur les prix de vente. Même si une partie l’était, l’effet sur les ventes et sur l’exportation ou sur la R&D serait indifférent puisque la plus grande partie des profits sera de toute manière investie dans le court-terme sur le marché actionnaire ou sur le marché des dérivés financiers. On peut aussi parier que le prochain changement dans la méthode marginaliste de confectionner les comptes nationaux et le PIB aidera très peu. Au demeurant, il s’agit surtout d’une imitation servile de la récente réforme américaine visant à favoriser la soi-disant ”économie immatérielle”, particulièrement ses branches spéculatives. Au mieux ces tours de passe-passe pourront contribuer à masquer marginalement la situation actuelle caractérisée par une très faible reprise sans emplois, à vrai dire une piètre performance encore aggravée par la baisse générale du taux de participation à la force de travail active.(8)

Ce qui est en jeu pour l’heure ne concerne pas uniquement la proposition de couper en deux la paie sous le fallacieux prétexte de soutenir la productivité. L’objectif réel consiste à imposer un nouvel équilibre mondial carrément fondé sur le niveau physiologique le plus bas possible en accord avec la fonction de production globalisée de Robert Solow et al. Pour atteindre ce résultat, il suffit de calculer la compétitivité globale sur la base du seul salaire capitaliste individuel, en faisant soigneusement abstraction des cotisations sociales – assurance-chômage, santé, pension etc. Ceci est fait en invoquant le prétexte du coût exorbitant que ces cotisations feraient peser sur le capital. Ce n’est rien d’autre qu’un néo-malthusianisme sauvage. Il va sans dire que ce présumé niveau physiologique est lui-même brutalement élastique ainsi, que le démontre la longévité moyenne au alentour de 40 ans des camarades Dalits en Inde. Ce n’est pas une plaisanterie. Pas plus pour l’Italie que pour la Grèce ou encore pour l’Allemagne, pays dans lequel plus de 20 % de la force de travail est contrainte d’accepter le Kürtzarbeit (gagnant environ 450 euros par mois, c’est-à-dire 15 euros par jour au maximum …)

Rétrospectivement, on peut clairement observer que les classes dominantes ont tout planifié depuis longtemps – le grand marxiste américain Paul Baran parlait justement de la « longer view » de la bourgeoisie. Elles avancent leurs cartes méthodiquement selon le degré de faiblesse constaté au sein de la classe ouvrière, ainsi que des organisations authentiquement de gauche. Les cercles dirigeants italiens sont composés par ce 10 % de la population qui contrôle plus de 48 % des richesses du pays. Ils sont composés par celles ou ceux qui comme Mastrapasqua monopolisent une douzaine d’emplois très grassement payés sur fonds publics alors que l’Inpdap, l’Inps et l’Etat social tout entier sont systématiquement ruinés. La complicité au sein des membres de ces cercles est désormais transversale: elle est maintenue par des rémunérations très élevées, plus hautes que la moyenne européenne ou mondiale, ainsi que par la privatisation quasi-mafieuse des biens publics. (10)

Nos cercles dirigeants sont subalternes à leur complices européens et mondiaux. Il suffit de rappeler la lettre de Trichet qui se traduisit rapidement par la mise sous tutelle de l’Italie par la BCE et par Goldman & Sachs et al. Ceci mena illico mais de toute manière totalement irréaliste, au Fiscal Compact accompagné par sa létale « spending review » (les soi-disant 2 et 6 Pack, tous deux anti-constitutionnels.) Cet irréalisme grave subsiste même en adoptant une « définition structurelle » du déficit. On sait, par exemple, que l’Italie échappa de justesse à une pénalité de 9 milliards environ pour ne pas avoir respecté « le plan de consolidation fiscal » concocté avec l’UE, simplement parce que cette dernière craignait de déclencher la procédure contre un pays qui, contrairement à la Grèce, était jugé « too big to fail.» Alors que cette dernière représente près de 2 % du PIB de la Zone euro, l’Italie pèse pour près de 15 % (ce pourcentage étant un peu supérieur à 17 % avant le déclenchement de la crise.)

Cependant, comme l’Etat social est maintenant vidé de sa substance, l’Italie n’est plus capable de payer ses diverses formes d’assurance-chômage et d’assistance. (11) Pas même avec la baisse du taux de participation à la force de travail active. Bref, le pays n’est même plus en mesure de financer un niveau de pauvreté relative généralisé. C’est ce qui explique pourquoi, avec la complicité des grillini – les membres de l'(anti)-parti M5s dirigé par le comique Beppe Grillo -, les dirigeants imaginèrent une alternative. Les diverses formes d’aide incluant l’assurance-chômage, l’assistance sociale et les pensions sont désormais devenues « insoutenables » dans le cadre de la « public policy » néolibérale caractérisée par la généralisation du précariat. Or, ceci implique un salaire misérable réduit plus ou moins au salaire capitaliste individuel net. Dans ces conditions, ces réactionnaires imaginèrent le soi-disant « revenu minimum de citoyenneté.» C’est loin d’être une proposition nouvelle. Surtout, il serait non cumulatif avec tout autre revenu quel qu’il soit, puisque aussi bien son objectif est de s’y substituer en pesant sur la fiscalité générale, en premier lieu sur la TVA, tout en prétendant faire baisser le coût du travail. Ce n’est pas une coïncidence d’entendre maintenant le tandem Renzi-Gutgeld proposer la suppression des pensions de réversibilité! J’ai dénoncé ce choix régressif du workfare selon Reagan-Friedman depuis des années dans mon site. Aujourd’hui il devient plus sinistre. Voyez les propositions avancées par les grillini qui ne sont qu’une copie de celles proposées par Yoland Bresson et autres: ainsi le soi-disant « revenu minimum de base » est planifié autour de 350 à 500 euros par mois! Nous avons affaire ici à une tentative éhontée d’imposer le retour forcé vers la nouvelle domesticité et le nouvel esclavage salarial. (12)

L’offensive néolibérale ne concerne pas uniquement les salaires mais également les pensions. (13) Les cercles dominants prétendent de nouveau que les pensions déjà décotées sont encore trop élevées – par contre les pensions dorées ne sont jamais remises en question mais jouissent d’une protection rapprochée. Ainsi, on propose d’abord la fin de l’indexation des pensions, mesure devant être rapidement suivie par la taxation. Mais ceci ne suffit encore pas. Pas plus que la logique contributoire anti-constitutionnelle de Lamberto Dini – qui mit fin au principe de solidarité nationale – une logique délétère que Fornero porta ensuite à son terme, et qui force les employés à accepter un énième report de l’âge de la retraite. Bien entendu, ceci est calculé pour avenir dans un contexte de précarité généralisée impliquant des paies très basses, ce qui induira automatiquement une décote supplémentaire des pensions lorsqu’elles seront finalement versées.

Entre-temps le cadre est fixé pour permettre l’émergence des fonds de pension privés servant à alimenter la finance spéculative. Nécessairement, à part le TFR, le plan de pension complémentaire maison déjà mis en danger, les employés non-permanents ou à temps partiel ne pourront pas se payer une pension privée digne du nom! Ce qui n’empêche pas que l’OCDE pousse encore dans cette périlleuse direction en exigeant des conditions toujours plus dures pour forcer les chômeurs de plus de 50 ans à accepter n’importe quel emploi à n’importe quelles conditions, avec des salaires plus bas, qui bien entendu résulteront en des pensions nécessairement plus basses. (14) En fait, après avoir vidé les coffres de l’Inpdap – près de 40 milliards d’euros – par le biais de sa confluence dans l’Inps aux mains de Mastrapasqua, la discussion se focalise maintenant sur la manière la plus appropriée pour vider l’Inps lui-même. Avec moins d’emplois créés, y compris les emplois mal payés ou subventionnés pour les travailleurs ayant plus de 50-55 ans, et avec un âge de départ à la retraite néanmoins repoussé, certains étudient déjà besogneusement des moyens pour substituer l’assurance-chômage en donnant un accès immédiat aux pensions accumulées avec le faux espoir de racheter ces ponctions lorsque les travailleurs auront finalement retrouvé du travail! On est ici au ras des pâquerettes. Cependant, ceci revient grosso modo à généraliser le traitement à frais minimes imposé aux « esodati » par la réforme Fornero. Entre-temps, on vient juste d’annoncer que l’Inps est déjà dans le rouge et restera déficitaire au moins jusqu’en 2016, ces trois années correspondant à la spending review. Les données sont sans pitié: les cotisations des employés permanents qui payaient jusqu’ici le reste doivent maintenant être elles-mêmes complétées en puisant dans les cotisations intermittentes et fractionnaires des employés précaires, ce qui concerne surtout les jeunes. Le couple Mastrapasqua monopolisait à lui tout seul 4 douzaines de positions hyper-rémunérées; apparemment il s’est très bien acquitté de ce que l’on exigeait de lui. Bien entendu, l’Italie n’est pas une exception en la matière mais sert de « modèle » pour affiner la stratégie et la tactique de la régression devant être déployées ailleurs.

Comme le travail reste l’unique source de la valeur d’échange, donc de la richesse, réduire la fiche de paie revient à détruire le système social résiduel encore disponible, de l’éducation à la santé. En général, ceci signifie le démantèlement de tous les services publics, y compris au niveau local. J’ai déjà eu l’opportunité d’expliquer que la fiche de paie devait être considérée comme le « revenu global net » des ménages. En tant que tel il inclut le salaire capitaliste individuel, ou salaire net, à quoi s’ajoute le salaire différé, c’est-à-dire les cotisations sociales, en particulier les pensions et l’assurance-chômage. Il convient d’y ajouter les différentes taxes – impôt sur le revenu, taxe foncière, etc. Le salaire capitaliste individuel, plus le salaire différé, plus les transferts aux ménages au titre des programmes sociaux constituent le « revenu global net » des ménages. Ils ne sont donc pas une partie légitime du profit (15), même si durant ces trois dernières décennies quelques 11% du PIB fut transféré en France du travail au capital sans aucune contrepartie pour les travailleurs sinon la précarité généralisée et la hausse des niveaux de pauvreté relative et absolue. (16)

Nous avons souligné plus haut que le choix d’éliminer les cotisations sur la fiche de paie pour les transférer sur la fiscalité générale n’était rien d’autre qu’une grotesque ineptie. Ou plutôt il fait partie intégrante d’une cruelle stratégie néo-malthussienne. L’impact sur le coût de production sera marginal et affectera peu les prix de vente. Ceci prouve que l’objectif véritable n’est pas de soutenir la productivité réelle ni la croissance. En effet, la réduction des salaires et les coupures dans les programmes sociaux portent un coup mortel à la demande sociale, déclenchant ainsi une meurtrière spirale économique négative comme a pu le remarquer avec retard le FMI (17) Entre-temps les exportations se maintiennent marginalement mais uniquement au prix d’une dégringolade plus rapide des importations. Il semble évident que le but véritable consiste à instrumentaliser la crise pour appauvrir scientifiquement les travailleurs en supprimant les filets sociaux. Ceci en dépit du fait qu’ils soient protégés par la Constitution autant que le droit au travail ou que le système d’économie mixte, ce qui implique que l’ensemble de la sphère économique ne saurait être légalement privatisé. Quoiqu’il en soit, cette attaque contre les cotisations sociales formera le cœur de l’agenda du semestre européen sous leadership italien. Il y sera proclamé que ceci est nécessaire pour créer des emplois … pour les jeunes … comme toujours! Pourtant, le nombre de jeunes sans emplois et sans futur a désormais atteint de nouveaux sommets et continue de croître tragiquement.

Cette stratégie vise à «disloquer, valoriser et titriser l’Italie » en même temps que le peuple italien. Cependant, ce dernier reste l’unique sujet constitutionnellement souverain. La stratégie exige la substitution de la démocratie – y inclus le système proportionnel protégé par la Constitution – par une démocratie d’actionnariat. Ainsi s’explique que la plus frauduleuse loi électorale jamais proposée depuis celle de Mussolini soit celle proposée dernièrement par Renzi-Gutgeld e Co. (18) Ceci malgré le dernier jugement rendu par la Cour constitutionnelle. Elle restreint la possibilité d’entrer en compétition électoralement tout en fixant des seuils électoraux très élevés. Or, 8 % des votes exprimés représentent plus de 2 millions d’électeurs effectifs (sur la base de 2013), ce qui est loin du principe constitutionnel fondamental souligné par la Cour qui sacralise l’égalité entre citoyens. De sorte que si le Président signe cette frauduleuse loi électorale, à mon humble avis, ceci constituera un abus caractérisé d’un principe évoqué de manière erronée par la Cour, du moins lorsqu’il est entendu en sens large, soit le principe de la continuité des instances étatiques.

Le principe exogène de la continuité ne saurait procurer le prétexte pour diminuer les principes constitutionnels fondamentaux. Par conséquent, il ne saurait s’étendre aux lois anti-constitutionnelles ni à leurs effets, à moins que ceux-ci ne soient immédiatement corrigés. Ceci reste vrai en ce qui concerne les nominations à la Cour elle-même. Au mieux, le principe doit être légitimement entendu comme une remontrance adressée aux instances garantes pour les encourager à revenir au plus vite au sien du cadre constitutionnel.

  1. Les points cruciaux du programme.

Cette situation est devenue intolérable. La tendance opportuniste italienne et européenne doit être définitivement enterrée dans toutes ses versions. Nous devons créer une gauche authentique, une gauche déterminée dans son anti-philosémitisme nietzschéen, dans son anti-exclusivisme, son antiracisme et son antifascisme, en Europe et dans le monde entier. Ce programme comprendrait les éléments cruciaux suivants, entendus ici en phase avec nos constitutions et dans le sens d’une ample alliance de classes:

a) Une nouvelle définition de l’antidumping – pour le détail voir l’Annexe ci-dessous. Au sein du régime commercial institutionnalisé par l’OMC, la base utilisée pour le calcul de l’antidumping est le salaire net sans aucune cotisation sociale. Nous demandons simplement que ce soit le salaire avec toutes les cotisations sociales. Par conséquent, nous demandons la défense des trois formes du revenu qui composent le « revenu global net » des ménages. Cette nouvelle définition resterait compatible avec la mobilité globale complète du capital, tant qualitative que technique. Elle permettrait simplement d’interpréter les accords internationaux sans nécessiter les inévitables longues et ardues modifications résultant de la règle de l’unanimité à l’OMC. La nouvelle définition de l’antidumping est la clef permettant l’introduction récurrente de cycles de RTT sans impact négatifs sur la productivité entrepreneuriale ou sur la compétitivité de la Formation sociale. Le retour à une situation de plein-emploi réhabiliterait automatiquement l’Etat social, c’est-à-dire les cotisations sociales et les revenus fiscaux nécessaires pour la reconstruction des bases industrielles, économiques, culturelles, infrastructurelles et environnementales du pays. Il convient de souligner qu’au sein des traités européens actuels les affaires sociales sont une compétence nationale exclusive, de sorte qu’il s’agit uniquement d’une question de volonté politique, rien d’autre. De plus, le traité de Maastricht (Art. F 3, 3b) reconnaît les entreprises d’Etat – concession faite au Président socialiste Mitterrand pour faire passer le traité en France, avec la promesse de Delors qu’une prochaine ronde en faveur de l’Europe sociale; de sorte que rien n’oblige à accepter la stratégie de privatisation mur-à-mur (au nom de qui sait quels soi-disant « champions nationaux».) La « gauche plurielle » avait introduit les 35-heures hebdomadaires (RTT) avec le même salaire initial sans devoir quitter l’UE ni la naissante Eurozone. Elle n’avait pas introduit « le partage de la misère » au sein du prolétariat à la Hollande, uniquement pour complaire aux banquiers et aux cercles néolibéraux dominants.

b) La nationalisation du crédit afin d’éliminer simultanément la dette publique et le « credit crunch » ce qui permettrait en prime de se débarrasser du Fiscal compact avec les banquiers et leurs « banques universelles » privées. (19) Ceci peut se faire sans avoir à négocier la moindre modification du Statut – déjà violé – de la BCE, et sans avoir à nationaliser les banques privées, du moins avant qu’elles n’aient à être sauvées sur fonds publics. Par exemple, l’Article 47 de la Constitution italienne fait de la gestion du crédit une compétence nationale. Il suffit de ne pas confondre la gestion du crédit public avec celle de la monnaie et du crédit privé flanqué pas son shadow banking. Ainsi l’économie réelle serait effectivement déconnectée de la spéculation. Sur cette base, il sera possible de revenir à la construction d’une l’Europe Sociale des Nations digne du nom. Les fonds publics nécessaires proviendraient par exemple des revenus dérivés de la Tobin Tax, ou encore par la mise à contribution des capacités d’absorption des pertes de Bankitalia ou, mieux encore, selon ma proposition d’origine qui date maintenant de quelques années. par l’émission supplémentaire de dette publique correspondant au fonds propres nécessaires. (Selon Xavier Ragot les profits annuels de la BCE étaient supérieurs à 3000 milliards, ceci étant dit pour illustrer l’absurdité des sauvetages des banques privées effectués sur fonds publics sans atténuer le « credit crunch »; (20) Buiter calcule plus de 3 trillions de « capacité d’absorption des pertes » http://blogs.r.ftdata.co.uk/money-supply/files/2012/02/citi-Looking-into-the-Deep-Pockets-of-the-ECB.pdf )

Ce fonds public serait initialement doté d’un levier financier de 40 ou 60 pour 1 – ce qui correspond aujourd’hui à la moyenne dans le secteur bancaire privé, abstraction faite du gigantesque shadow banking. Avec 10 milliards multipliés par ce levier un pays comme l’Italie contrôlerait une masse de crédit public plus que suffisante pour acheter directement sur le marché primaire l’ensemble de la nouvelle dette publique à un taux de 0,5 % sur 10 ou 20 ans. En 2014, l’Italie devra emprunter près de 350 milliards d’euros. De surcroît, ce fonds pourrait être utilisé pour racheter année après année une part de la dette accumulée pour l’effacer, libérant ainsi des marges budgétaires permettant de réhabiliter les interventions régaliennes et stratégiques de l’Etat. De même, ce fonds pourrait offrir du crédit à long terme à des taux très bas afin de permettre la réhabilitation des infrastructures, le refinancement des entreprises d’Etat autant que des PME aujourd’hui étranglées par le « credit crunch » cyniquement induit et maintenu par les néolibéraux. S’il fut possible de sauver et de recapitaliser les banques privées – les sauvetages induits par la crise des subprimes s’élevèrent à près de 13 % du PIB en fonds publics directs sans compter les dommages socio-économiques – on ne voit alors pas pour quelle raison il serait impossible de capitaliser ce fonds public dédié à la préservation de l’intérêt public.

La seconde chose à faire serait d’appuyer ce fonds public par un Fonds Ouvrier conçu selon le Plan Meidner (voir mon Tous ensemble). Car il devient impératif de réhabiliter l’ensemble des régimes de pension par le retour progressif à 37 années de cotisation – 35 pour les emplois pénibles. Soulignons de plus, que la sortie de l’euro en faveur du retour à la vieille lire ou à une autre monnaie nationale – ou encore à un grotesque et hypothétique euro méditerranéen (!) – n’est qu’une pure ineptie. Il aurait l’avantage d’ôter le poids des disparités régionales européennes des épaules allemandes, mais rien de plus. Du fait de la très forte interdépendance économique européenne et globale, les marchés à l’exportation seraient mis en danger, surtout au sein de l’UE, alors que les importations, particulièrement celles entrant dans la composition du panier de consommation moyen des travailleurs, verraient leur prix s’envoler sans qu’il soit possible de compenser cet effet par l’import-substitution dans un monde déjà wal-marthyrisé à outrance. En guise d’illustration, notons qu’une large portion du marché domestique de l’automobile ou de l’électronique – hardware et logiciels – va aux produits importés autant en Italie qu’ailleurs. Le tout se traduirait par une forte coupure effective des salaires pour les travailleurs domestiques payés en monnaie nationale dévaluée. Ceci demeurerait vrai pour les travailleurs encore employés dans les industries exportatrices, y compris au Nord-Est. Plus sérieusement encore, la sortie de l’euro exposerait les pays sortants à d’imparables attaques spéculatives par la finance globale en réaction à la plus infime tentative de réforme socialement progressive. (Il suffit de vérifier l’attaque lancée par le dollar US contre la City et ses velléités d’indépendance au sein d’un Commonwealth reformulé pour remplacer les anciennes Préférences Impériales; ainsi le 19 septembre 1949, le gouvernement britannique fut contraint de capituler au régime du GATT dominé par Washington tout en dévaluant la Livre sterling de 30.5 % … Londres ne s’est jamais remise de ce traumatisme. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Sterling_Pound#Bretton_Woods)

En fait, l’euro sert de bouclier contre de telles attaques ainsi qu’il fut magistralement démontré par le programme mis en œuvre par la « gauche plurielle ». De même il est aisé d’argumenter, comme je le fis à maintes reprises après le déclenchement de la crise des subprimes, que les CDS sur dette nationale devraient être décrétés illégaux alors que les investisseurs institutionnels européens devraient être libérés de la tutelle exercée par les diktats subjectifs des agences de notation. Inversement, voyez la cruelle perversité de quelques hedge funds aujourd’hui ligués contre l’Argentine. A noter également que l’Italie importe l’équivalent de plus de 60 milliards d’euro en approvisionnements énergétiques sans même compter les ruineuses subventions accordées aux énergies alternatives qui en Italie furent octroyées de manière irrationnelle et le plus souvent clientéliste sinon mafieuse. Le pétrole et le gaz comme la plupart des matières premières restent encore dé-nominés en dollars américains. Ce coût augmenterait en flèche une fois traduit en lires ou en euros méditerranéens, ce qui signifierait la ruine totale du pays ainsi que l’abolition de toute possibilité de rebondir pendant plusieurs décades à venir. Laissons de côté la poussée préméditée d’une Lega Nord raciste et xénophobe qui de fait est très largement derrière cette ineptie simplement parce que son « modèle » socio-économique vit de la sous-traitance et de l’outsouring allemands et ne peut plus de ce fait survivre malgré la caractéristique suffisance creuse de la Lega. Noter cependant que la Lega fut déjà à l’origine de l’introduction anti-constitutionnelle du misérabiliste et maintenant misérablement failli « fédéralisme fiscal », ceci malgré mes véhémentes protestations. Elle jouit en cela d’une complicité transversale sans que la moindre étude d’impact ait été prévue. Ce qui explique entre-autre la ruine rapide du système de santé ainsi régionalisé, bien qu’il constituât un des socles structurels de la compétitivité macroéconomique relative du pays.

A mon humble avis, la proposition de sortie de l’euro – du moins en Italie – fut inventée par ceux qui désirent protéger à tout prix les intérêts de la classe dominante, et qui conspirent donc pour diviser les rangs du peuple et particulièrement de la gauche, encore naïvement réceptifs à ce genre de chant des sirènes. Le but est de les pousser dans un cul-de-sac. En faisant abstraction des militants honnêtes quoique naïfs, il suffit ici de rappeler le rôle de certains au sein de No Dal Molin pour saisir le fonctionnement de ces stratégies particulièrement en Italie, pays occidental ayant le plus fort ratio d’informateurs relativement à sa population. Très simplement nous avons à faire ici à une mise en application des recettes de Sun Tzu: gagner sans avoir à combattre, et pour cela contrôler à la fois ses propres dirigeants et généraux ainsi que ceux des camps adverses, en dépit de la représentation démocratique. La meilleure défense disponible pour la bourgeoisie philosémite nietzschéenne consiste à occulter la science marxiste de l’économie politique, ainsi que les prescriptions socio-économiques qui en découlent, en contrôlant à la fois les discours et les locuteurs (avec bien entendu la contribution empressée de nombreux « servi in camera » et autres bas clergés et pitres réunis. A part l’utilisation des « idiots utiles » – c’est ainsi que les croisés philosémites nietzschéens caractérisèrent G. W. Bush, sans doute du fait de leur expérience antérieure avec l’acteur et informateur Maccartiste de seconde classe Ronald Reagan –, nous constatons que les plus hauts dirigeants croisés américains résumèrent la chose ainsi : « laissons-les défiler et mettons en œuvre notre programme » ( « they have the talk, we have the walk ».) Ainsi le rôle joué par le grotesque Grillo conjointement avec son contrôleur Casaleggio en Italie – une sorte de séquelle abrutissante de Yvon Montand et de Coluche voulant endosser les oripeaux de Reagan – et tant d’autres partout ailleurs. On les reconnaît facilement par leur servilité philosémite nietzschéenne et par leur soutien aussi automatique que vénal à Israël dans un aveuglement tel qu’ils vont jusqu’à ignorer l’avis sans ambiguïté de la Cour Internationale de Justice de La Haye concernant les efforts que la communauté internationale doit accomplir pour abolir le Mur de l’Apartheid et la génocidaire colonisation des Territoires palestiniens; se faisant il me semble que loin d’aider ils mettent en danger ce qu’ils prétendre défendre …

Ces deux grillini ou autres du genre mais toujours hautement rémunérés sont très utiles pour le système en place. Ainsi leur campagne démagogique contre le financement démocratique public des partis politiques ouvrit la voie à Renzi-Gutgeld et à plusieurs autres transversalement, leur permettant d’imposer le financement privé. Ce faisant, ils sacrifient les partis politiques sur l’autel du capital spéculatif, commettant ainsi un holocauste de choix dégageant une fumée si plaisante aux narines du Veau d’Or, puisque aussi bien ce sera le résultat du seuil maximal de 300 000 euros de donation annuelle dans une société déjà caractérisée par le schisme opposant le 1% au sommet de la pyramide aux 99 % restants! (Apparemment le projet de loi abaissa ce seuil a 100 000 euros: voir http://www.repubblica.it/politica/2014/02/12/news/dl_finanziamento_ai_partiti_tutte_le_misure-78411363/?ref=HREC1-19 ) De plus, cette expropriation démocratique se déroulera dans le cadre d’une nouvelle loi électorale plus frauduleuse et anti-constitutionnelle que le soi-disant Porcellum qu’elle était censée remplacer. Bref, il s’agit d’un golpe visant à créer un système bipartisan étanche, offrant une majorité absolue quasi automatique au parti ou à la coalition gagnante qui aura obtenu près d’un tiers des voix effectivement exprimées! La démocratie parlementaire italienne est ainsi transformée de manière anti-constitutionnelle en une triste affaire censitaire et servile, bref en une misérable et inégalitaire démocratie d’actionnariat. Bien entendu, le cas italien sert de banc d’essai d’un modèle à généraliser ailleurs: De te fabula narratur!

c) Laïcité, parité homme-femme et droits civils;

d) Ecomarxisme, zonage urbain et rural respectueux des territoires, mise en œuvre du principe de précaution;

e) Démocratisation de l’éducation et de la culture, ainsi que soutien public au financement de la R&D;

f) Fin de la sur-représentation démocratique et médiatique appuyée par la fin de la fausse représentation électorale et démocratique – à savoir, la fin de la fausse représentation électorale à tous les niveaux, y inclus ceux des syndicats, qui pourtant se vérifie facilement aujourd’hui en violation directe de la Constitution. L’égalité est et demeure un principe fondamental de nos Constitutions, un principe qui ne peut pas être amendé. Ce principe d’égalité est confirmé par la Déclaration Universelle des Droits Fondamentaux Individuels et Sociaux qui fut écrite dans le même esprit antifasciste. C’est pourquoi la gauche, si elle n’est pas sinistre, devra prendre toutes les mesures nécessaires pour corriger les effets anti-démocratiques découlant de la sur-représentation et de la fausse représentation si cruellement évidentes aujourd’hui à tous les niveaux. La Loi des Grands Nombres doit être respectée,
si nécessaire par le recours à la discrimination positive telle que pratiquée aux États-Unis. Elle ne connaît aucun putatif « maître du monde », rien que des citoyennes et des citoyens égaux entre eux.

 

g) La renonciation à toute intervention étrangère et à toute guerre qui ne soient pas strictement défensives, conjointement avec le retour à l’esprit et à la lettre de la sécurité collective dans le respect scrupuleux de la Charte des Nations Unies.

3) La méthode: formation de comités citoyens pour la revanche sociale;

Ceci est un appel à l’unité d’action. Nous appelons toutes les organisations progressistes, qu’elles soient politiques, sociales, syndicales ou culturelles; nous appelons les PME, les commerçants, les agriculteurs, les ménagères, les universitaires et les chercheurs, les journalistes, les étudiants et les retraités. Sans une nouvelle définition de l’antidumping il n’existe aujourd’hui aucune sortie de crise, pas même en forçant les travailleurs et les classes moyennes en voie d’attrition à avaler de force le partage de la misère. La « structure de v », à savoir le « revenu global net » des ménages formant le capital variable, n’est qu’une autre appellation désignant le nom opératif et la source du profit au sein des secteurs productifs et commerçants. Lorsqu’il est sacrifié, c’est près de 65 % de la demande interne qui est concerné, de sorte que les épigones monétaristes et néolibéraux de la politique de l’offre ne font que scier besogneusement la branche sur laquelle ils sont si confortablement assis.

L’objectif final est la création d’un Parti de la Revanche Sociale des peuples, au plan national et européen. Il militerait pour la mise en application du programme résumé ci-dessus, particulièrement ses deux premiers points (l’antidumping et le contrôle du crédit public). Il est urgent de lancer à la base et partout des Comités de citoyennes et de citoyens pour la Revanche Sociale fondés sur le programme de base étayé ci-dessus. Ils auront à coeur de le développer et de le parfaire collectivement de manière plus détaillée pour ensuite le divulguer et défendre massivement, dans le but de former un nouveau « sens commun » scientifiquement fondé, capable de se substituer aux actuelles narrations obscurantistes, marginalisme inclus. Il est urgent de le développer à tous les niveaux, local, national et européen. Seulement ainsi pourrons-nous espérer recréer l’unité organique du peuple autour d’un programme minimum entièrement compatible avec l’esprit et la lettre de nos Constitutions d’après-guerre, nées de la Résistance.

Ces Comités seront ouverts, sans distinction, à toutes celles et ceux qui partageront ce programme minimum – conçu ici comme une synthèse préliminaire des éléments cruciaux chers à la gauche authentique. Surtout, ils devront être ouverts à toutes les personnes désireuses de l’élaborer plus en détail avec l’espoir d’aboutir à l’émergence de bas en haut d’un Parti de la Revanche Sociale national et européen.

Une fois enracinés à tous les niveaux, ces Comités décideront comment organiser le Parti. Entre-temps, l’appartenance au nouveau Parti sera compatible avec l’appartenance à un autre Parti ou groupe de pression déjà existants pour autant que les personnes concernées soient prêtes à participer à la mise en place de ces Comités. La mise en œuvre de ce principe de la coexistence des appartenances reposera sur un seul prérequis, soit l’honnêteté avec ses propres principes et le respect des obligations découlant de l’appartenance au nouveau Parti. Le principe de fédération organisationnelle fut toujours cher à la gauche.

A sa formation, ces Comités pourront, s’ils le désirent, se transformer en Comités de base du Parti lui-même. Ces Comités de base éliront les Comités Régionaux avec un droit de rappel. Le Comité national sera également élu par les Comités de base lors de consultations directes (via Internet). Le programme final sera écrit par le premier Congrès qui siègera ensuite tous les 5 ans sans aucune possibilité de renvoi. Il sera sujet à l’approbation par les Comités de base. Des Congrès extraordinaires pourront éventuellement être convoqués au besoin; cependant, aucune modification du programme ne pourra avenir hors des Congrès réguliers, à moins d’être entérinée par consultation direct des Comités de base. Cette structure et ces processus me semblent également faire l’unanimité au sein de la gauche authentique, surtout à la lueur des dernières 10 -15 années de lutte. Pour autant, il ne s’agit ici que d’orientations puisque le tout devra être décidé et détaillé en commun. En fait, le premier Congrès du Parti de la Revanche Sociale agira comme une authentique assemblée constituante de la gauche du XXI ème siècle.

L’heure est venue pour la revanche sociale des peuples, en Europe et dans le Monde entier.

Paul De Marco

Pour me contacter: [email protected]

4) ANNEXE: LINEAMENTS DE LA NCESSAIRE NOUVELLE DEFINITION DE L’ANTIDUMPING.

« Selon la définition standard le dumping est l’acte consistant à demander un prix plus bas pour des produits similaires sur les marchés extérieurs comparé au prix de vente pour ces mêmes produits dans le marché domestique.»

«Lorsqu’une entreprise exporte un produit à un prix plus bas que le prix généralement exigé dans son propre marché domestique, ou bien lorsqu’elle vend à un prix ne couvrant pas tous les coûts de production, on dit qu’il y a dumping du produit en question.»

 

« Selon la Note 2 de l’Accord d’antidumping, les ventes domestiques d’un produit similaire sont suffisantes pour déterminer la valeur normale si elles concernent 5 pour cent ou plus des ventes du produit en question dans le marché d’exportation. On se réfère alors au test de viabilité ou test de viabilité du marché domestique (the-five-per-cent or home-market-viability test). Ce test est appliqué globalement pour comparer les quantités de produits identiques sur le marché domestique à celles du marché d’importation. »

« (Au sein de l’UE) les procédures d’enquête pour dumping comparent les prix domestiques pratiqués par la nation accusée de dumping avec les prix des produits importés sur le marché européen. Cependant, plusieurs règles sont appliquer pour traiter les données avant de calculer la marge de dumping. Le concept de « marché analogue » en est une des plus contestées. Certaines nations exportatrices ne se voient pas octroyées le « statut d’économie de marché » par l’UE. La Chine en constitue un exemple probant puisque son marché est considéré comme « un marché capitaliste d’Etat ». Dans ce cas, le DG Trade ne peut pas utiliser le prix domestique comme mesure équitable du prix domestique. Une industrie exportatrice spécifique peut également perdre son statut de marché si le DG Trade arrive à la conclusion qu’elle reçoit des aides gouvernementales. D’autres tests incluent l’application des règles de comptabilité internationales et celles des lois gouvernant la banqueroute.»

« Les droits compensatoires (countervailing duties) sont reliés aux prélèvements pour antidumping. La différence consiste en ce que les premiers sont en réaction à des subventions jugées pénalisantes alors que les seconds le sont pour le dumping stricto sensu.»

« La Politique Agricole Commune de l’Union Européenne a souvent été accusée de dumping bien qu’elle ait subie de nombreuses réformes à part l’Accord sur l’agriculture conclu durant les négociations de l’Uruguay Round au GATT en 1992, puis par une série de réformes progressives, notamment l’Accord de Luxembourg en 2003 ». Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Dumping_(pricing_policy)

Commentaire: (Auxquels il conviendrait d’ajouter le marché financier global incluant le très opaque shadow banking. Comme chacun sait, il n’est pas encore harmonisé ni en ce qui concerne les ratios prudentiels ni les standards de comptabilité.)

Posons « v » « capital variable » ou, si l’on préfère, la rémunération pour le travail accompli par l’employé. La transition vers une meilleure définition de l’antidumping doit être fondée sur la « structure de v » inhérente au salaire minimum légal, du moins initialement. Il inclut les cotisations sociales de bases prélevées sur la fiche de paie, en particulier l’assurance-chômage, la retraite, la santé et les allocations familiales. Ces cotisations constituent des portions vitales du minimum tolérable du coût de production. Elles sont faciles à calculer durant la période de transition vers une échelle salariale plus sophistiquée reposant sur le même principe. De surcroît, la logique des droits compensatoires – countervaling duties – s’appliquerait – surtout du fait que l’impact nocif de l’actuelle définition de l’antidumping sur l’équilibre macroéconomique n’est plus à démontrer puisque même Blanchard au FMI fut contrait d’en prendre acte; elle exclut en effet d’office toute référence aux droits du travail ainsi qu’aux critères environnementaux. Ceci concerne également le principe des marchés comparables: en effet, les soi-disant marchés capitalistes ouverts ne sont pas tous identiques entre eux, ils n’appliquent pas les mêmes règles et le plus souvent n’appartiennent pas à la même union monétaire – voir par exemple le cas de la Suède, de la Pologne, et de l’Italie dans l’affaire Electrolux discutée plus haut … de sorte que le résultat d’un tel régime s’avère négatif tant pour les ouvriers et employés que pour les entreprises où qu’ils soient (car les salaires et les filets sociaux sont affectés tout autant que les profits dépendamment de la perspective adoptée.)

La mise en application de la nouvelle définition de l’antidumping irait de soi. Le prix de vente serait ajusté par l’exportateur – afin de créer un Fonds ouvrier domestique – ou bien par l’importateur. Ceci se ferait simplement à travers la TVA. Un code-barre signalerait le produit comme produit importé, de sorte qu’une TVA spéciale serait intégrée à l’étiquette et lue automatiquement par le scanner de la caisse enregistreuse. Il s’agirait d’une simple addition au protocole de traçabilité. Il n’y a pas ici de grand problème d’opérationalisation du système, tant pour les composants importés que pour les produits finis. Il suffit de savoir combien d’employés à temps plein furent impliqués dans la production, et ce nombre serait alors multiplié par le salaire minimum légal prévalent dans le pays importateur. Une variation de ce système tolérerait un pourcentage restreint de temps-partiels exprimés en équivalent temps-pleins.

La seule chose à considérer soigneusement est la règle relative au contenu d’origine – telle que mise en œuvre par l’Aléna et par l’UE etc. De même que les tarifs résiduels, le cas échéant. Le contenu d’origine est actuellement saboté par les nouveaux traités de libre-échange bilatéraux et multilatéraux en cours de négociation, mais il a un effet parfaitement pervers. Soit il favorise la concentration de la production haut-de-gamme dans les zones métropolitaines; elles font alors office de technopoles du fait de leurs avantages acquis en terme de facteurs de localisation tels les infrastructures, les services, l’environnement, la qualité de la vie etc. Soit il favorise des emplois McDo et des paies de maquiladoras. Aussi serait-il plus avantageux de libérer l’ensemble du marché global mais en le faisant intelligemment par le biais d’une nouvelle définition du coût de production minimum équitable – incluant le salaire légal minimum et ses cotisations sociales. Le résultat reviendrait à protéger l’équilibre macroéconomique, tout en soutenant la solvabilité domestique des marchés, et donc leur pouvoir d’attraction.

La seule question à résoudre consisterait à trouver les médiations nécessaires pour contrer les effets pervers du seul critère du salaire minimum légal servant au calcul de base – il est en passe d’être adopté aux USA et en Allemagne. Son effet négatif sur la mobilité du capital serait nul du moins en ce qui concerne la mobilité qualitative et technique. Son effet sur l’échelle salariale pourra produire une réduction des inégalités actuelles (elles allaient de 1 à 14 dans les années 60 mais sont de 1 à plus de 500 aujourd’hui, ce qui est grotesque. Quoiqu’il en soit l’impact se ferait surtout sentir sur la partie basse de l’échelle mais serait compensé par le maintien et la bonification des programmes sociaux entrant dans le « revenu global net ».) Cependant, ceci serait une bonne chose puisque le système irait de pair avec des cycles récurrents de RTT selon les possibilités offertes par la productivité micro-économique et par celles de la compétitivité macroéconomique des Formations Sociales concernées. Ainsi les salaires augmenteraient en raison des gains réels de productivité – minimisant ainsi les effets sur les prix nominaux – mais ils iraient plus loin en terme de pouvoir de consommation individuelle, puisqu’ils impliqueraient des services sociaux bonifiés, payés collectivement – ou selon les choix propres à chaque pays. Le système public aurait vite l’avantage étant moins onéreux pour un accès universel mieux garanti. (Les systèmes de santé et de retraite publics coûtent en effet bien moins chers que les systèmes privés qui gaspillent les ressources disponibles; rappelons que le poids des régimes de pension maison américains mena droit à la ruine des géants comme GM et Chrysler qui durent être sauvés in extremis sur fonds publics par le gouvernement fédéral.)

L’effet de rétroaction cybernétique de la compétitivité sur la productivité est la clef de voute du développement socio-économique harmonieux, bien que ceci soit aveuglément nié par le paradigme marginaliste couplé à sa destructive « public policy ». Ceci découle simplement de la nature extrêmement fallacieuse de ce paradigme qui est ontologiquement incapable de conjuguer micro et macro économies, ou même de concevoir un modèle plus sophistiqué qu’un simple système de troc. De fait, la monnaie n’est guère qu’une arrière-pensée pour ce paradigme failli, ce qui met les phénomènes monétaires hors de sa portée (que ce soit l’inflation ou la déflation, ou pour mieux dire la résultante d’une situation de surproduction et de sous-consommation, etc.) Idem en ce qui concerne la spéculation qui ne doit pas être confondue avec le crédit capitaliste.

Entre-temps, en sécurisant la base sociale sur la logique du salaire minimum légal, les programmes sociaux pourront effectivement être bonifiés, indépendamment du poids relatif des cotisations portant sur la fiche de paie, pour le reste de l’échelle salariale. En ce qui la concerne, l’échelle salariale reste encadrée par la productivité et la compétitivité réelles afin de s’assurer que la Formation Sociale considérée reste rationnellement ancrée et caractérisée par un équilibre durable. Cet effet serait amplifié par la mutualisation et la solidarité nationale inhérentes à tout système public digne du nom.

Et bien entendu, les revenus fiscaux de l’Etat s’en trouveraient consolidés. Nous aurions-là la véritable voie de consolidation fiscale. Un nouvel âge de prospérité global s’en suivrait. De plus, dans le cas des taxes auto-prélevées par les exportateurs, le système permettrait un rapide rattrapage en termes de filets sociaux. Les bénéfices sociaux tendraient à s’harmoniser globalement selon l’émulation des meilleurs paramètres. Il n’y aurait plus de course nationale auto-destructive vers le moins disant, plus de dumping social.

Notons que l’ancrage du régime commercial sur le salaire minimum légal est clair tout en étant équitable – l’échange équitable global (fair trade) remplacerait le libre-échange (free trade). Encore ceci supposerait-il une extension de la définition de l’antidumping au travail à temps-partiel. Il serait strictement volontaire – un minimum de 24 heures hebdomadaires avec tous les bénéfices proportionnellement identiques à ceux couverts par le salaire minimum légal ou bien par l’échelon salarial correspondant. Un seuil maximum de temps-partiel tolérable serait fixé pour chaque industrie – faute de quoi ce serait considéré comme du dumping. Le Kützarbeit avait à l’origine déterminé les niveaux maximaux permis pour les entreprises et les industries – ce qui incidemment maintint en vie les négociations avec les syndicats. Ceci pourrait également être géré facilement grâce à la mécanique des droits compensatoires. En réalité, puisque ce système stabiliserait les fonds d’assurance-chômage, la flexibilité du travail nécessaire serait assurée par un accès plus aisé selon les besoins saisonniers ou conjoncturels, et grâce au recours aux heures supplémentaires. Le temps-partiel procurerait encore plus de flexibilité – y inclus l’emploi occasionnel pour les étudiant-e-s après le secondaire dans leurs champs de spécialisations ou des champs connexes, afin de créer une bonne polyvalence tout en préparant les jeunes au marché de l’emploi sans nuire à la bonne marche de leurs études; ceci, serait sans doute susceptible également de contrecarrer la logique de l’abandon scolaire. Quoiqu’il en soit le temps-partiel devrait correspondre strictement à un choix personnel.

Pour le reste, chaque Formation Sociale Nationale serait libre de gérer ses propres affaires comme elle l’entend sans pour cela nuire aux autres. Nous aurions-là la véritable antithèse de la « beggar-thy-neigbor policy». Cordell Hull lui-même ne pourrait s’y objecter et Walt Whitman Rostow pourrait concéder qu’un tel système est réellement susceptible de provoquer un rapide « décollage économique»! On pourrait alors vérifier en termes pratiques quel système est réellement supérieur, celui fondé sur la « plus-value sociale » ou bien celui axé sur un brutal et cynique système de « workfare monétariste »… En espérant que l’émulation naturelle s’en suivrait.

Surtout ceci nous débarrasserait des règles discriminatoires en vigueur relatives au contenu d’origine en leur substituant une mobilité qualitative et technique sans entrave du capital. L’environnement en sortirait gagnant: en effet, ceci réduirait les productions intra-firmes ainsi que leur stratégie d’optimisation de l’assemblage, en les écartant de la course destructive aux plus bas salaires, car le nouveau mode de calcul du coût de production inhérent au salaire minimum légal s’appliquerait tant aux composants qu’aux produits finis, simples ou complexes. Une ré-industrialisation énergétiquement efficiente s’en suivrait, de sorte que les écologistes obtiendraient ainsi leur « règle du zéro kilomètre », du moins en une bonne approximation non-discriminatoire et facile à mettre en application.

Grâce à cela les autres variables écologiques pourront être écartées du calcul de l’antidumping puisqu’elles sont trop souvent purement subjectives, sinon le plus souvent idéologiques. En lieu et place – puisque l’Etat récupérerait son pouvoir de dépenser – le principe de précaution s’ appliquerait. Il concernerait tous les acteurs également, tant les acteurs domestiques qu’étrangers. Il en irait de même pour les règles domestiques concernant les taxes sur le recyclage qui sont vitales pour le lancement à grande échelle d’une véritable politique écomarxiste sous-jacente – à savoir, le recyclage complet fondé sur des cycles de vie des produits préventivement étudiés, la reproduction des matières premières soit naturellement soit artificiellement, ainsi que le développement de substituts massifiables.

Nous entrerions ainsi dans un Nouvel Ordre Economique Mondial pluraliste, appuyé par le principe de la nation la plus favorisée – accès non discriminatoire aux ressources – ainsi que le retour aux règles de conduite de la sécurité collective propre à garantir la paix.

La compétition entre nations serait paisible et qualitative. La compétition internationale entre systèmes différents prévaudrait sur un mode pluraliste non conflictuel. La fin du régime de protection des brevets s’en suivrait logiquement – les brevets émergeraient de toute façon largement des universités et des centres de R&D publics; ils seraient déposés à l’UNESCO comme biens communs accessibles à tous. Durant la période de transition leur utilisation se ferait de manière bilatérale ou multilatérale sur la base de la réciprocité. La compétition entre entreprises se déroulerait alors sur la base de leurs capacités organisationnelles et sur leur efficacité spécifique, ainsi que sur leur économie d’échelle sans pour autant limiter leur portée globale. « The World could be their oyster » pour ainsi dire, mais dans l’intérêt commun. Ceci assurerait la diffusion des meilleures techniques et des meilleures pratiques ainsi que de l’emploi à temps plein.

Les universités et les centres de R&D fleuriraient naturellement. Ce serait un avantage supplémentaire vu que la diffusion des meilleures techniques réduiraient d’autant les besoins en main-d’œuvre. Ceci pourrait être géré par une Réduction du Temps de Travail séculairement induite, par l’avancement de l’âge de la retraite, les seniors laissant la place aux plus jeunes plutôt, ainsi que par le développement de l’éducation permanente avec une grande extension de l’éducation aux adultes. La vieillesse active, strictement encadrée par la RTT et par les niveaux admissibles de temps-partiel et d’heures supplémentaires, pourrait être mise en œuvre, du moins lorsque la pénibilité du travail le permettrait. Au niveau de l’éducation et de la recherche, ceci induirait une tendance capable d’induire de nouvelles connections interdisciplinaires susceptibles de mener à une nouvelle révolution dans la science fondamentale et dans la science appliquée. Nous entrerions alors tous ensemble dans une société de la connaissance et du loisir, globalement.

Paul De Marco.

 

Notes:

 

* Thomas Paine, Rights of Man, Wordsworth Editions Limited, 1996, p 188, « Chapter V: Ways and Means of Improving the Conditions of Europe, interspersed with Miscellaneous Observations ». Dans ce chapitre, Thomas Paine expose les principaux programmes sociaux qui siéraient mieux à une République civilisée, à savoir l’éducation publique, la sécurité de la vieillesse, l’assurance-chômage et l’assurance santé, la politique fiscale progressive, un gouvernement et une bureaucratie peu lourds mais efficaces, une armée réduite. Il utilisa les données fiscales disponibles en son temps pour démontrer qu’un tel choix de civilisation, conforme à l’égalité citoyenne, coûterait en réalité moins cher que l’onéreux soutien et entretient de rois et d’aristocrates inutiles et d’autres strates sociales parasites du genre. Il suffit de remplacer rois et aristocrates par banquiers et CEO-CFO pour saisir la justesse et la portée modernes de Thomas Paine.

1) En ce qui concerne Electrolux voir: « Il piano Electrolux per l’Italia: “Salari dimezzati agli operai”» http://www.repubblica.it/economia/2014/01/27/news/electrolux_sindacati_crisi-77067887/?ref=HREA-1(Si, Voir aussi: Electrolux: tra banditismo padronale e complicità politiche e sindacali Mercoledì, 29 Gennaio 2014 10:16 Usb Lavoro Privato http://www.contropiano.org/archivio-news/documenti/item/21831-electrolux-tra-banditismo-padronale-e-complicita-politiche-e-sindacali

2) Voir le Précis d’économie politique marxiste dans la séction Livres-Books de mon site www.la-commune-paraclet.com

3) Jobs Act. “Servono dettagli e prevede molti investimenti” « L’intervention du Ministre du travail: ”La proposition n’est pas neuve”. ”Des choix ont été faits pour relancer l’économie et l’emploi”. Citation: « En plus, le ministre responsable du Travail expliqua: ”Chaque trimestre, nous avons 400 mille embauches à temps plein contre 1 million et 600 mille embauches à temps partiel” » http://www.repubblica.it/politica/2014/01/09/news/job_act_renzi_i_dubbi_di_giovannini_servono_dettagli_e_prevede_molti_investimenti-75459506/?ref=HREC1-1

4) Voir ma critique en italien du livre de Gutgeld dans http://www.la-commune-paraclet.com/Book%20ReviewsFrame1Source1.htm .Voir aussi: « S’inspirer de la Bible pour repenser le social. » (L’Ancien testament nous fournit des pistes pour revoir notre organisation économique et sociale, par Richard Stibon, économiste, directeur au ministère du Trésor israélien, auteur de « L’économie selon la Bible » (Editions Eyrolles). http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140129trib000812521/s-inspirer-de-la-bible-pour-repenser-le-social.html. Ce type veut réellement subordonner l’économie à la bible juive; il défend la prééminence de la finance spéculative qui serait destinée à tout dominer partout sur la Planète. Il n’hésite pas à recourir à la gematria, c’est-à-dire à la numérologie cabaliste, pour « déduire » le système social minimum acceptable selon cette irrationnelle et archaïque folie. Il ne se souvient même pas ce faisant que l’Ancien Testament appelle à la remise à zéro des compteurs tous les 50 ans; ce principe s’applique également aux banques privées ce qui aurait pu nous épargner des trillions en sauvetage sur fonds public de ces mêmes banques apatrides. Quoiqu’il en soit, il n’est pas sans intérêt de noter la similitude avec le programme pondu par Gutgeld et Renzi. Ce n’est pas une coïncidence. Il serait urgent de rappeler le Faust de Goethe lorsque Méphistophélès explique que le meilleur moyen de détruire le monde consiste à contrôler et à utiliser la monnaie. Voici le raisonnement de ce type – Spinoza dirait plus justement le « délire » – qui après tout n’est guère différent de celui de Milton Friedman, ou encore de Yoland Bresson en France ou de Casaleggio-Grillo relativement au soi-disant « revenu minimum de base », à savoir, relativement à la généralisation de la précarité pour les tribus moins bien élues, les autres restant dans cette nouvelle Animal Farm (Orwell): « Dans le texte original en hébreu, le nom de l’arbre « echel » correspond aux initiales de trois mots dont la traduction est nourriture, boisson et logis. Ces termes expriment le minimum vital qu’une société doit apporter à chacun. Actualiser à nos sociétés modernes cette idée, nous demande d’octroyer à chaque adulte « un revenu minimum de survie ».» Sans commentaire, donc à part pour souligner le fait que ces principes sont diamétralement opposés aux principes de nos Constitutions républicaines nées de la Résistance!

5) http://www.repubblica.it/economia/2014/01/29/news/electrolux_crisi_zanonato-77183571/?ref=HREC1-10

6) http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2014/01/06/pourquoi-le-pacte-de-responsabilite-n%E2%80%99ameliorera-pas-les-marges-des-entreprises-et-ne-creera-pas-d%E2%80%99emplois/

7) Voir le Conto trimestrale delle amministrazioni, www.istat.it/it/archivio/72103 p 2 (Résumé: Durant le II Trimestre 2012 en millions euros: impôts sur le revenu: 56 691; impôts indirects – très régressifs : 57 996; total des prélèvements sur le capital : 1 524 (- 0,2 par rapport au I Trimestre.)

8) A noter que les USA ont déjà changé la façon de calculer le PIB en augmentant le poids relatif de la soi-disant économie immatérielle en particulier pour les secteurs spéculatifs. La France va suivre dès le 15 mai 2014 suivie par de nombreux pays européens en septembre 2014. Voir : « La crescita che non c’è e i trucchi statistici » 18 sabato Gennaio 2014 08:34 http://www.contropiano.org/economia/item/21602-la-crescita-che-non-c-e-e-i-trucchi-statistici . Voir aussi: http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140117trib000810219/le-15-mai-prochain-la-france-sera-plus-riche-.html

9) La signora delle venti poltrone, Lady Mastrapasqua imita il marito Maria Giovanna Basile, consorte di Mastrapasqua, ha molti incarichi, dalla Rai all’Aci, con una forte presenza nella sanità. I rapporti con Forza Italia hanno origine dall’amicizia con il figlio di Gianni Letta; di ALDO FONTANAROSA e ROBERTO MANIA http://www.repubblica.it/politica/2014/01/29/news/moglie_mastrapasqua-77176169/?ref=HREC1-3 Voir aussi la Note 14 ci-dessous en ce qui concerne le vidage systématique de Inps.

10) Les hauts fonctionnaires italiens gagnent près de trois fois plus que la moyenne des pays de l’OECD. Ceci s’applique partout. Voir Stipendi d’oro ai dirigenti pubblici «Sono il triplo della media Ue»

« MILANO Après les Grecs, les Portugais et les Espagnols nous sommes le pays européen avec les plus bas salaires. Cependant, nous dirigeants publics reçoivent la plus grande paie en Europe équivalant à prés de trois fois la moyenne de l’OECD. Selon le rapport de cette Organisation comprenant les 34 pays plus riches de la Planète … (Traduction mienne) http://qn.quotidiano.net/primo_piano/2013/11/15/982414-stipendi_dirigenti_pubblici.shtml

Voir aussi: Paperoni di Stato: redditi, nomi e cariche nel rapporto del Governo Nel rapporto annuale di Palazzo Chigi, nomi, redditi, beni immobili e immobili, cariche dei manager più pagati dallo Stato Pubblicato il 31/01/2014 in Soldi   http://www.quifinanza.it/8381/soldi/carriere-di-stato-nomi-cognomi-redditi-nel-rapporto-governo.html

11) Cig, nel 2013 superato il miliardo di ore. Volano domande disoccupazione: +32%

Il calo delle ore in cassa integrazione (-1,36% sul 2012) è dovuto interamente alla riduzione della cassa in deroga (-22,93%). All’Inps oltre 1,9 milioni di richieste di sussidio nei primi undici mesi dello scorso anno http://www.repubblica.it/economia/2014/01/08/news/inps_cassa_integrazione-75402881/?ref=search

Cgil: “La Cig 2013 è costata 4,1 mld”. Ogni lavoratore ha perso 8mila euro

http://www.repubblica.it/economia/2014/01/18/news/lavoro_cassa_integrazione-76259739/?ref=HREC1-25

12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoland_Bresson

13) http://www.quifinanza.it/6533/foto/vecchiaia-a-nord-invalidita-a-sud-mappa-delle-pensioni-in-italia.html#1 .

14) Chômage des seniors : l’avis explosif de l’OCDE http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/01/30/chomage-des-seniors-l-avis-explosif-de-l-ocde_4356779_823448.html . Note ajoutée le 6 février, 2014: Inps a déjà été vidée. Concernant déficit pour 2014, 2015, 2016, voir l’article: Inps, patrimonio azzerato in quattro anni Per il 2014 un buco da quasi cinque miliardi. http://inchieste.repubblica.it/it/repubblica/rep-it/2014/02/04/news/pensioni_in_rosso-77656551/

15) Voir le chapitre « The « struttura di v » : Individual capitalist salary, differed salary and global net revenue of the household » in « To save the Eurozone we must terminate the so-called universal bank. » In Download Now in http://www.la-commune-paraclet.com/livresFrame1Source1.htm#livresbookmark

16) Crisi, al 12% degli italiani non basta lo stipendio: peggio solo Romania e Grecia

http://www.repubblica.it/economia/2014/01/21/news/crisi_al_12_degli_italiani_non_basta_lo_stipendio_peggio_solo_romania_e_grecia-76541971/?ref=HREC1-14 Voir aussi La disoccupazione sale al 12,7% La novembre resta record dal 1977

http://www.repubblica.it/economia/2014/01/08/news/disoccupazione_novembre_2013-75384880/?ref=HREC1-2 . Voir aussi Eurispes: “Un italiano su tre non arriva a fine mese”. Ma una speranza c’è

Difficoltà, pessimismo e una speranza. Ecco l’Italia fotografata dal Rapporto Eurispes 2014 http://www.quifinanza.it/8380/foto/eurispes-italiano-su-tre-non-arriva-a-fine-mese-ma-c-una-speranza.html#6 . Publié le 30-01-2014 dans Economia. « Bien que les marchés financiers annoncent une perspective de croissance, en ce qui concerne l’économie réelle en Italie elle demeure en proie à d’énormes difficultés puisqu’un citoyen sur trois n’arrive par à boucler la fin du mois avec son salaire et qu’il est ainsi obligé de ré-équilibrer sa consommation tout en puissant dans ses épargnes. C’est le résultat de l’enquête de Eurispes menée entre décembre et janvier.»»

17) Le rapport qui a imposé les politiques d’austérité est totalement faux http://www.humanite.fr/social-eco/le-rapport-qui-impose-les-politiques-dausterite-es-520573 .

18) Legge elettorale, ecco l’Italicum

http://www.repubblica.it/politica/2014/01/20/news/legge_elettorale_ecco_il_modello_italicum-76486384/?ref=HREC1-1

A propos du projet de loi électoral frauduleux: Il convient de souligner qu’en 2013 exactement 34 002 525 suffrages furent exprimés. 4,5 % égalent donc 1 530 113 alors que 8 % représentent 2 720 202 de ces suffrages. Un parti n’ayant pas obtenu 8 % se verra tout simplement exclu de la représentation parlementaire, à moins qu’il ne se subordonne à une coalition. Ce ne semble pas être un moyen adéquat de respecter l’égalité entre citoyens – en deçà de 4, 5 % ceux qui refusent d’entrer dans une coalition sont exclus d’office. Le principe constitutionnel de représentation égale des citoyens n’est pas plus respecté en ce qui concerne les effets prévisibles du système électoral puisque les partis forcés de se rallier à une coalition ne pourront même plus négocier leur appui du fait de la logique perverse des seuils électoraux. Ceci revient tout simplement à un golpe contre la Constitution. De surcroît, ce système ne produira aucune stabilité gouvernementale, car la constitution italienne rend les parlementaires italiens libres de toute discipline de parti. Pire encore, la radiation de toute représentation démocratique de plusieurs millions de citoyennes et de citoyens italiens conduira inévitablement à déplacer les conflits sociaux hors de l’arène parlementaire: bref, ceci revient à une attaque préméditée contre la stabilité et la sérénité du pays. Bien entendu, les élites dominantes ont déjà planifié le recours à la répression accrue et au Marteau philosémite nietzschéen en désignant illégalement tous leurs rivaux comme des « terroristes » tant au plan international que domestique (imitant servilement en cela la « guerre préventive » américaine, illégale aux yeux de la loi internationale ainsi que leur Patriot Act à usage interne. Ce dernier décupla la déjà intrusive surveillance mur-à-mur aujourd’hui mise en lumière par Snowden et quelques autres…)

En réalité, cette loi électorale découlant d’une très mauvaise inspiration, fut fabriquée sans arrière-pensées; son but immédiat est d’éliminer le M5s ainsi que les autres petits partis. Ce fut dit publiquement sans détour (les Italiens disent sarcastiquement : tout rond comme le O de Giotto.) Mais il fut également fabriqué pour maintenir Berlusconi sous contrôle. Berlusconi lui-même ne peut plus se présenter aux élections depuis que la lettre de Trichet plaça l’Italie sous la tutelle de la BCE – tout à coup les obstacles procéduriers prirent fin et Berlusconi fut condamné. Malgré cela Forza Italia et Berlusconi conservent un pouvoir de nuisance. Ceci est démontré par exemple par la démagogie relative à l’élimination de la taxe foncière sur la résidence principale ou IMU, en opposition à Monti et autres qui avaient imposé une augmentation de l’IMU pour permettre le sauvetage in extremis de la banque Monte dei Paschi di Siena.

Pour mieux contrôler le leader de FI, on sauve la peau électorale de Alfano, qui appartenait précédemment au PDL – en effet, la baisse du seuil inférieur antérieurement prévu de 5 % à 4,5% fut entérinée sur la base des derniers sondages disponibles justement pour atteindre cet objectif précis. Entre-temps la même opération pensée pour sauver la Lega Nord fut calculée pour interdire la victoire de FI au premier tour. Chacun sait que le pourcentage nordiste de vote de la Lega Nord est substantiellement plus élevé que son score national; néanmoins dans l’éventualité d’une victoire de FI avec l’appui de Alfano et de la Lega, elle ne représentera plus aucun danger pour le capital financier dominant en Europe. Néanmoins, FI représentera toujours un péril grave pour la classe ouvrière et pour les classes moyennes manipulées mais en voie de disparition car sacrifiées à la crise ainsi qu’aux plus obscures franges du monde des affaires de la Péninsule. Il semble que la prise de position de Berlusconi sur les préférences lors du scrutin veuille sauver les nominations mafieuses ainsi que celles des candidats les moins présentables du FI et des petits partis associés. Ainsi Gutgeld-Renzi ont transformé un Berlusconi affaibli et assiégé en agents destinés à travailler inconsciemment pour le proverbial « Roi de Prusse ». Ceci dans un contexte où tous les acteurs institutionnels sont d’accord pour enterrer la Constitution, particulièrement ses principes égalitaires fondateurs.

En ce qui concerne Grillo et Casaleggio leur projet avoué de « caresser » les partis politiques jugés être des espèces en voie de disparition, c’est-à-dire de les enterrer en même temps que leur financement public, a atteint son but. Logiquement, dans le cadre de cette loi frauduleuse, ils devront maintenant enterrer leur propre M5s pour éviter de mettre en danger leurs contrôleurs au sein des cercles forts du pouvoir lesquels désirent maintenant imposer un système strictement bipartisan à l’américaine, c’est-à-dire un système dans lequel les deux partis principaux partagent le même « mind set » et sont équitablement financés par les mêmes grandes entreprises. Ceci expliquerait les outrances incessantes et les insultes proférées aux heures de grande écoute – les Italiens sont un peuple de TV. Ce comportement outré semble viser à éroder la légitimité et la crédibilité de leur propre parti, pour le maintenir en-dessous des fatidiques 8 %. Les membres honnêtes du M5s devront en prendre note.

L’obéissance à la loi est un devoir du moins jusque tant qu’elle ne soit démocratiquement modifiée. Ceci n’interdit toutefois pas les critiques. A mon humble avis, à part l’interprétation décidément trop large de la part de la Cour constitutionnelle du principe de continuité des institutions – la nomination même de la cour créant problème – la Cour constitutionnelle a erré sérieusement en ce qui concerne les seuils électoraux. Notre Constitution ne reconnaît aucun seuil simplement parce qu’elle sanctifie le principe de l’égalité de tous les citoyens entre eux, y inclus dans les effets prévisibles de leur vote. De plus, la Constitution conçoit les élections comme une méthode pour garantir la représentation démocratique la plus authentique possible des citoyens – ceci visait en particulier à interdire préventivement la ré-édition de golpe du genre de celui perpétré par Mussolini. Elle ne vise pas à créer artificiellement une supposée stabilité gouvernementale.

Il n’est guère besoin d’être un génie pour construire un sophisme à l’envers: D’abord on commence par affirmer le principe de la stabilité gouvernementale, bien qu’il ne soit pas présent dans le texte constitutionnel, afin de mieux y subordonner le principe de l’égalité qui, lui, y est bien présent comme principe fondateur. Dans la seconde prémisse, on légitime les pratiques électorales depuis 1994 en ressortissant à un simple artifice selon lequel il suffirait de les amender marginalement pour qu’elles deviennent acceptables. En conclusion, on dérive une méthode infaillible pour mesurer les degrés d’égalité tolérable pour la classe dominante: Exactement, ce qu’il faut pour assurer la stabilité dans le cadre d’un système strictement bipartisan, voici donc le nouvel étalon pour mesurer l’égalité républicaine désormais! Du moins Gutgeld dans son livre admis que le titre, relevant d’un procédé de marketing, était trompeur car il ne voulait guère parler d’égalité mais uniquement d’équité, et rein d’autre.

De même, la Cour constitutionnel erre sérieusement en déterrant sélectivement des textes préparatoires soumis à l’Assemblée constituante pour mieux légitimer les seuils. D’autres textes existent qui vont en sens contraires. Mais avant tout, les documents de travail de l’Assemblée constituante ne peuvent en aucun cas être invoqués contre le texte final de la Constitution car ceci reviendrait à prétendre la réécrire sans mandat. De même, il n’est pas légitime d’invoquer de présumées normes électorales européennes relatives aux seuils électoraux: En Italie, les lois doivent être conformes à la Constitution italienne, non à de présumées normes étrangères. Si la rigueur est uniformément absence dans un pays qui a appris le Manifesto de Spinelli plus que la Constitution, les directives européennes doivent encore être traduites en italien. Bien entendu il ne s’agit pas uniquement d’une traduction linguistique mais bien d’une traduction légale, en référence avec leur compatibilité avec la lettre et l’esprit de la Constitution, unique expression légale supérieure de la volonté du peuple souverain. Il suffit d’observer la Cour de Karlsruhe et les pratiques allemandes pour comprendre le rôle légitime d’une Haute Cour nationale dans le cadre de l’intégration européenne.

Les lois électorales doivent être décidées par les citoyens et par le parlement, elle ne peuvent pas résulter d’accords intervenus en coulisse. A mon humble avis, une loi électorale respectueuse de la Constitution aurait cette allure: Ce serait un système proportionnel à deux tours. Durant le premier tour 50 % des voix seraient attribués de manière strictement proportionnelle. L’attribution des 50 % restant se feraient par la majorité simple. Le second tour se déroulerait deux semaines après le premier; ceci permettrait l’émergence de coalition dans un processus de négociations programmatiques, ce qui garantirait la transparence des résultats électoraux en même temps que la stabilité gouvernementale. Des gouvernements minoritaires seraient encore possibles mais il est reconnu qu’ils sont plus attentifs aux opinions exprimées par les électrices et les électeurs plutôt qu’aux seuls caucus des partis (l’Allemagne le prouve.) Les listes électorales respecteraient scrupuleusement la parité candidates/candidats et permettraient l’exercice du choix de la part des électrices et des électeurs. Au premier tour on choisit son parti ainsi que le ou la candidate – donc le programme et la manière de le défendre. Au second tour, on peut soit éliminer celles ou ceux qui déplaisent ou bien voter en faveur d’une coalition ou d’un parti. Dans les deux cas, la décision est librement assumée individuellement avec une perception claire du résultat de son propre vote.

Le financement des partis politiques serait strictement public et leur visibilité médiatique au moins proportionnelle à leur poids. Tout au plus pourrait-on utiliser le financement public pour favoriser la formation de coalition. Le Sénat serait aboli car il est désormais redondant quoique ceci exigeât un amendement constitutionnel. Entre-temps, il serait élu selon le même système sans être illégalement transformé en une chambre des régions; car, à part la reconnaissance des autonomies historiques, la Constitution italienne déclare la République être « une et indivisible ». L’abolition du Sénat archaïque serait grandement compensée par la modification des règlements de la Chambre des député-e-s. Tout d’abord aucun projet de loi omnibus ne serait légalement admissible, chaque loi devant porter sur son objet propre. (La Constitution, encore violée ici, prévoit également qu’elle ne peut être amendée qu’article par article et jamais en bloc.) Les projets de loi devraient obligatoirement passer un examen parlementaire en regard de leur constitutionnalité bien que le dernier mot ici revienne au Président de la République sans la signature duquel les projets de loi deviennent caduques. De plus, les comités parlementaires devraient obligatoirement consulter les groupes de la société civile chaque fois que 1/3 des membres en feraient la demande, afin de favoriser l’input citoyen direct dans le processus législatif de la démocratie représentative. La législation du conflit d’intérêt s’impose : elle devrait interdire l’exercice de fonction autres que les fonctions parlementaires aux député-e-s et sénatrices sénateurs car autrement ces représentants deviennent de simples lobbyistes, rôle incompatible avec celui de représentant du peuple. Si nécessaire les normes concernant le conflit d’intérêt devraient être imposées par le Conseil européen, préférablement avec des règlements communs et clairs, avec un pool de juges européens chargés de la lutte contre la criminalité expressément mandatés pour les faire respecter.

Note ajoutée en février 2014: Voici un exemplaire des sondages qui informèrent les rédacteurs de cette loi électorale frauduleuse. http://www.repubblica.it/politica/2014/02/05/news/elezioni_europee_le_intenzioni_di_voto_secondo_ipr_pd_al_primo_posto_fiato_sul_collo_del_m5s-77713090/?ref=search . Selon ce sondage, la dynamique des seuils induisent l’agrégation de la droite et de Lega Nord avec FI afin de s’assurer une victoire au second tour. A part l’auto-destruction des grillini pour servir les intérêts de leurs contrôleurs, il reste une alternative, à savoir, une alliance anti-euro du M5s et de la Lega. Une telle démagogie portée ainsi de l’avant serait même susceptible de remporter une majorité absolue dès le premier tour en recourant à un slogan du type : « Anti-euro: let’s rock the boat.» En vérité, il s’agit-là d’une logique de pitres selon le sens donné à ce concept dans mon Livre II intitulé Pour Marx,contre le nihilisme accessible dans la section Livres-Books de mon site. Par la suite, la nomination de Renzi Président du Conseil par le Président de la République Napolitano aggrava encore les choses. En effet, Renzi n’est élu ni député ni sénateur. Ce dangereux précédent antidémocratique ouvre ainsi la voie de la Présidence du Conseil et donc de l’immunité parlementaire au condamné Berlusconi du moins si FI et ses alliés gagnent les prochaines élections législatives. Il n’y a plus besoin d’une grâce présidentielle quasi impossible à octroyer sans discrédit. Le tout devient donc une cynique farce jouée contre le peuple italien et contre la magistrature.

Note ajoutée le 11 février 2014: Les magouilles anti-constitutionnelles de Gutgeld-Renzi ne s’arrêtent pas à la frauduleuse loi électorale – que The Economist déclare « fiendishly complex » – ou encore à la ré-écriture complète du Titre V de la Constitution afin d’ouvrir la porte aux libéralisations mur-à-mur, y compris au niveau local et pour l’eau, malgré le référendum gagné haut la main par le peuple italien. Leur préférence antidémocratique et Censitaire atteint son apogée avec la proposition de réforme du Sénat, imaginée pour abolir le bicaméralisme propre à l’Italie. En bref, leur proposition transformerait le Sénat en une chambre haute gueuse et nommée en fonction de l’autonomie territoriale (ceci en dépit de la Constitution qui déclare la République être « une et indivisible » . Chacun sait que les fédéralistes européens, travaillant main dans la main avec les banquiers apatrides de la finance globale spéculative, souhaitent le dépérissement de l’Etat-Nation, berceau dangereux de la démocratie et de la souveraineté des peuples. Ils doivent être remplacés par de grandes régions européennes subordonnées à la BCE, elle-même subordonnée à la finance globale spéculative et apatride ainsi qu’à leur « gouvernance globale privée » Ainsi cette proposition ne surprend guère. Les élections ne servent plus désormais! Paradoxalement, ceci révèle la peur panique des peuples de la part de ces putatifs « maîtres du monde « – qui apparemment n’ont pas bien lu Suétone …! En ceci, je crois qu’ils ont parfaitement raison. Voirhttp://www.economist.com/news/europe/21595054-new-centre-left-leader-reaches-accord-his-biggest-opponent-thatif-it-passescould-give En italien, voir http://video.corriere.it/renzi-ecco-mio-senato-150-tutti-senza-stipendio/f3b16d92-8f22-11e3-8c4a-c355fa4079e9

Voir également: Napolitano, l’annuncio dei 5 Stelle: “Presentato l’impeachment” http://www.repubblica.it/politica/2014/01/30/news/impeachment_napolitano-77264514/?ref=HREA-1

(Le processus se déroule comme suit: Comité parlementaire; vote par l’ensemble du parlement – désormais philosémite nietzschéen résultant d’élections tenues selon des lois déclarées être anti-constitutionnelles – le dernier mot revenant à la Cour constitutionnelle partiellement nommée par ces mêmes parlements. De surcroît, si le débat est mené sans le moindre respect pour la décence alors l’aspect didactique de masse sera perdu et le processus se résumera en une farce servant à auto-blanchir tout le monde préventivement.)

19) Voir Download Now dans la section Livres-Books « To save the eurozone we must terminate the regime of the so-called universal bank. » www.la-commune-paraclet.com

20) Tutti i rischi dell’operazione Banca d’Italia 26.11.13 Marcello Esposito http://www.lavoce.info/rivalutazione-patrimonio-banca-ditalia/

« Supposons que la Banque d’Italie qui est une institution privée reçoive 7 milliards en capital. Avec un rendement de 6 % l’étude s’attend à des flux de dividendes pour les actionnaires de 420 milliards. Même en supposant un fort prélèvement fiscale (1,5 milliard) les actionnaires recouvriraient leurs coûts sans avoir à vendre le moindre bloc d’actions; ils bénéficieraient ainsi pleinement de l’impact positif de l’augmentation du capital. Ce n’est pas une mauvaise affaire considérant qu’en 2001 quelque 70 millions furent distribués aux membres de Bankitalia. » (Traduction mienne) Ces sommes doivent être évaluées selon la capacité d’absorption des banques centrales membres de la BCE. De façon similaire voici ce que l’on peut lire dans un article écrit par Xavier Ragot « Les banques centrales dans la tempête : pour un nouveau mandat de stabilité financière »; accessible dans le site de Alternatives Economiques http://www.alternatives-economiques.fr/video—les-banques-centrales-dans-la-tempete–par-xavier-ragot_fr_art_633_59808.htm . « Avec des hypothèses de croissance réalistes, W. Buiter2 trouve une valeur actualisée des profits du système européen de banques centrales supérieure à 3 000 milliards d’euros. Pour donner un ordre de grandeur, la dette italienne est de 1 840 milliards d’euros et celle de la Grèce de 320 milliards en 2010. Le système des banques centrales peut ainsi absorber une perte substantielle sans hausse de l’inflation et donc de la taxe inflationniste.» (p53)

21) Voir « To save the eurozone, we must terminate the regime of the so-called universal bank » , in Download Now in http://www.la-commune-paraclet.com/livresFrame1Source1.htm#livresbookmark

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