Histoire ou narration ? Un commentaire rapide.

Posted: 9th maggio 2017 by rivincitasociale in Cultura e R&S, Politica
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Voir l’article : « Table ronde. La science historique est-elle comptable du roman national ? » Entretiens croisés réalisés par Jérôme Skalski, Vendredi, 5 Mai, 2017, L’Humanité. http://www.humanite.fr/table-ronde-la-science-historique-est-elle-comptable-du-roman-national-635676

Commentaire rapide : C’est effarant de voir comment certains universitaires français sont colonisés par la régression philosémite nietzschéenne ambiante ; une nouvelle trahison des clercs.

En fait, il y a deux axiomes de départ possibles, l’égalité humaine ou l’inégalité et donc la souveraineté de droit divin ou celle émanant du peuple.

A partir de là, on n’obtient non pas un « récit , un roman ou une narration fictive – laissons cela à des pitres avérés tels BHL – mais bien une démonstration du devenir vers l’émancipation humaine. Depuis Vico et Marx ce résultat est obtenu au moyen de méthodes objectives et scientifiques. Voir le triptyque de l’émancipation énoncé par Marx dans son exemplaire Question juive dans la Sainte Famille, à savoir l’émancipation politique – souveraineté du peuple, démocratie -,l’émancipation religieuse – laïcité – et finalement l’émancipation humaine – c.-à-d. le communisme soit la possibilité pour tout individu de décider par lui-même puisque les conditions matérielles – y compris l’éducation et les institutions – nécessaires pour ce faire seront garanties à tous selon leurs besoins par la communauté.

Et l’axiome de départ ? Seul celui de l’égalité est scientifiquement recevable, la preuve en est que sans cette égalité – y compris en tenant compte de la différence superficielle de genre pour une espèce fondée sur la reproduction sexuée – l’espèce humaine n’existerait pas en tant qu’espèce. Hegel le dit différemment en soulignant l’espace intersubjectif sans lequel aucun discours ne serait possible.

Cela dit, ce devenir émancipateur est sujet aux aléas de la lutte de classe et donc des périodes de progression et d’autres, comme aujourd’hui en France, en Italie et ailleurs, de forte régression, y compris du point de vue éthico-politique. Cette régression est causée par le « retour » fabriqué par les dirigeants à l’idéologie de l’élection auto-conférée de quelques-uns. Or si l’égalité est sacrée, l’élection exclusive est un crime commis contre tous.

Ceux qui veulent tout subjectiver en ne parlant que de narrations sont les mêmes que ceux qui, dangereusement pour eux-mêmes, prétendent que « la laïcité est une idéologie comme une autre » – la force du nombre, c’est-à-dire la démocratie est la hantise de Nietzsche et de tous ces gens-là, on devine aisément pourquoi . Leur chutzpah leur en fait oublier jusqu’à leur théorie des eternels retours qui, de fait, falsifie celle des corsi et ricorsi proposée par G. Vico …

Alors prenons Michelet – ou Alexandre Dumas père. Les deux étaient aimés par Marx autant que Shakespeare. Michelet connaît bien Joachim de Flore – comme du reste E. Renan – et sa théorie de la sécularisation de l’Esprit ; il connaît également bien Vico et sa Scienza nuova, libre essentiel qui fonde l’Histoire comme science ce que Marx reconnaitra comme en témoigne Paul Lafargue. Il connaît également Hegel quoiqu’il en donnera un modèle utile mais simplifié, à savoir thèse, antithèse, synthèse.

Pour l’essentiel, son Histoire tient debout et ne doit être corrigée qu’à la lueur des matériaux nouveaux fournis par les Archives. Car c’est l’Histoire de l’émancipation humaine vue selon un angle français que Marx lui-même appréciait pour sa plus évidente continuité. Les marxistes ajouteront la nécessité des bases matérielles nécessaires pour assurer l’émancipation, socioéconomiques, éducationnelles et culturelles, et donc le passage d’un mode de production à un autre lorsque le développement continu des forces de productions entreront en contradiction avec les rapports de production préexistants.

Pour ce qui est de la lutte de classe, Michelet, mais plus encore les républicains luttant pour la République contre les régressions aristocratiques et monarchiques – par exemple le grand vulgarisateur Eugène Sue – favoriseront les Gaulois contre les Francs – donc contre la monarchie. Ces derniers sont présentés comme des envahisseurs toujours attachés à leur narration de droit divin, y compris aux falsifications fondant la monarchie de Capétiens sans compter la falsification de la Donation de Constantin.

Bien entendu, ceci relève en partie d’une confusion entre monarques et peuples – tous les Francs etc. … – mais c’est un travers qui servait dans la lutte pour l’établissement de la souveraineté des peuples contre le droit divin, un travers pour le reste vite corrigé, notamment en revenant sur le concept de classe. Dans l’ébauche de sa Méthode, Marx posait la question fondamentale : qu’est-ce que une nation ? Réponse, c’est une construction qui ne vaut pas grand-chose comme catégorie conceptuelle sans être suppléé par l’analyse de classe mais qui toutefois est incontournable dès l’instant où le « peuple »  n’est plus fondé sur le concept fallacieux – biblique ? – de  « race » – voir Marx et Levy-Strauss sur la question etc. . –  mais bien sur celui de la citoyenneté.

Le reste est question de méthodologie scientifique. Or, l’Ecole des Annales a sans doute pêché par excès d’économisme, mais ses précisions chiffrées représentaient néanmoins un très grand progrès vers l’interprétation objective des sociétés. En revoyant le matérialisme historique selon mes contributions  – relatives à la loi de la valeur et à ses formes : plus-value absolue, plus-value relative, productivité et plus-value sociale – on dispose désormais des éléments nécessaires – i.e., l’aboutissement méthodologique et théorique de ce qui fut en partie accompli par les théoriciens qui suivirent Marx dans l’analyse des modes de production précapitalistes, en premier lieu Pierre-Philippe Rey.

En effet, si le marxisme est une science, il s’applique universellement, donc également au mode de production socialiste. Mon concept de plus-value sociale est anticipé par Marx dans sa Critique du programme de Gotha lorsqu’il avance l’idée d’un fonds social – il restait cependant à clarifier totalement la loi de la valeur, enfermée jusque-là dans les falsifications volontaires  de Böhm-Bawerk et Cie, et à l’intégrer avec cohérence dans les Schémas de la Reproduction Simple et Elargie, soit dans l’équilibre général stationnaire ou dynamique..

La citation ci-dessous révèle l’origine du mal : La chute de l’URSS et les dérives multiples qui en suivirent, y compris les fausses accusations et les soi-disant livres noirs indignes du papier sur lesquels ils furent écrits. (Je renvoie ici à mes clarifications ainsi qu’à celles de l’universitaire américain Grover Furr. On sait désormais le rôle manipulateur sadique du marquis de Sade dans la Section des Piques ; j’ai donc souligné le rôle de Yeshov, le Sade juif de l’Urss responsable comme le premier de la Terreur systémique visant à détruire les rangs des dirigeants révolutionnaires pour discréditer et anéantir la Révolution. Ces crimes furent ensuite imputés à Staline comme ils le furent avant à Robespierre …) Mais la dérive principale commence bien avant, à savoir très précisément avec la fin de la Seconde Guerre Mondiale et l’émergence du nouveau sionisme – malgré Staline assassiné par les médecins juifs bien qu’il ait sauvé Israël de la destruction en 1948 en faisant passer les armes nécessaires par l’Allemagne de l’Est après avoir défait seul le régime nazifasciste et ouvert les camps, en particulier celui d’Auschwitz.

Ici, tout comme pour la contrerévolution hongroise de 1956, on assiste au « retour » de pseudo-intellectuels vers l’inégalité par l’élection exclusiviste théocratique-raciste ou autre. Cette contrerévolution venait dans la foulée du changement d’allégeance du communisme ou du moins de l’égalitarisme républicain vers Israël et le Temple exclusiviste. Le général Isaac Rabin, froidement assassiné par ces gens-là, avait refusé de pénétrer dans Jérusalem Est en 1967 justement pour ne pas ouvrir la voie à ces rabbins dont Spinoza, en toute connaissance de cause, dénonçait déjà  le « délire ». Le rabbin Scholem en avait également une sainte horreur et refusait même de reconnaitre l’étoile de David comme symbole car trop accaparée par eux. Il montra aussi dans son analyse de Frank, les débuts, ensuite manipulés à outrance par certains services de sécurité occidentaux, de ce qui deviendra le Protocole des Sages de Sion. Voyez aujourd’hui la guerre préventive, illégale et criminelle par définition, ainsi que l’objectif régressif et anti-civilisationnel avoué – Huntington etc. – de « contrôler les flux de communication » pour revenir à « la déférence envers l’Autorité » – auto-conférée – afin de supprimer les « rising expectations » des prolétariats et des peuples ! Ceci alors que la productivité n’a jamais été aussi forte dans l’Histoire de l’Humanité. La seule autorité qui mérite le respect est bien entendu la méthodologie scientifique.

Plus que jamais, le choix aujourd’hui est bien entre socialisme ou barbarie, c’est-à-dire entre le partage du travail socialement disponible entre tous les citoyens aptes au travail, ou bien le partage de la misère entre travailleurs au profit de quelques-uns. Les richesses accumulées aujourd’hui par le 1 %, voire le 0,01%, de nantis au sommet de la pyramide sociale montre bien les vrais enjeux de la lutte de classe contemporaine et de la Bataille des Idées qui la sous-tend.

Cette régression ne peut que mal finir surtout si les universitaires aveuglés ne font plus leur devoir. Il paraît qu’ignorer les enseignements de l’Histoire cause la répétition des mêmes erreurs. La narration n’est pas l’Histoire, pas plus que la perception n’est la réalité.

Paul De Marco.                                                                                                                                                                                 Copyright © La Commune Inc, 09 mai 2017

Citation : « Pierre Singaravélou et Yann Potin L’expression « roman national » a une histoire récente, mais qui reste à écrire de manière rigoureuse. Forgée à partir de la notion freudienne de roman familial par le sociologue Paul Yonnet en 1993, dans un livre brûlot (Voyage au centre du malaise français. L’antiracisme et le roman national), elle fut popularisée, avant même cette parution, par son éditeur Pierre Nora dans la conclusion des Lieux de mémoire (1992), pour signaler la part irrationnelle et héritée du récit collectif. Témoignant d’une volonté de distinction croissante entre histoire et mémoire, le succès de la formule est impressionnant. Cette distinction, parfois féconde, exprime un rapport fort différent au passé : la mémoire alimente une vision « présentiste » (François Hartog) du passé qui peut parfois enrichir ou la plupart du temps travestir l’histoire. Là où les entrepreneurs de mémoire répètent inlassablement des récits clos sur eux-mêmes, au service bien souvent d’une stratégie identitaire, les historiens et les historiennes, par le détour d’une compréhension et, dans l’idéal, d’une explication « des » passés, auraient plutôt les yeux tournés vers l’avenir. Le roman national signale sans doute un désir de disposer d’un récit collectif, fantôme de l’histoire sainte, dans une perspective religieuse où le passé est au fondement de la croyance (catéchisme chrétien ou républicain). Ainsi, dans la société française, rivalisent plusieurs romans nationaux (catholique, socialiste, etc.) qui se focalisent sur des actes de naissance, des ruptures et des personnages glorieux différents : le « démon des origines » (Marc Bloch) y fait rage. Les 122 historiennes et historiens d’Histoire mondiale de la France (2) n’ont pas cherché à « déconstruire » ces romans nationaux mais au contraire à mieux comprendre la lente et progressive construction de la France et de l’État-nation en la réinscrivant dans une histoire globale. »

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