Commerce mondial et taxe carbone, 5 décembre 2020

Posted: 5th dicembre 2020 by rivincitasociale in Ecomarxismo, Textes en français
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(6 décembre : Un brouillon a été publié hier par mégarde. Toutes mes excuses)

Commentaire rapide : On fait ici abstraction de l’effet bénéfique du CO2 mais on tient compte de ce que M. Jancovici – qui n’est certainement pas un climato-sceptique – souligne, à savoir que pour respecter les Accords de Paris il faudrait un Covid-19 par an, plus la décroissance. En résumé, l’économie est affaire de transformation, donc d’énergie disponible, et la nouvelle économie encore davantage – voyez par exemple l’extraction des blocks de bitcoin qui nécessitent aujourd’hui autant d’électricité qu’une ville de 250 000 h, ce qui laisse présager de la suite avec la 5G puis la 6 G et les datas farms ainsi que leurs utilisations multiples, etc.

QUESTIONS :

1 ) Peut-on rester compétitif sur le plan européen et mondial en imposant une taxe carbone ? La réponse est simplement négative car les coûts de production s’envoleraient.

2 ) Peut-on compenser ce désavantage comparatif en imposant une barrière carbone supplémentaire, à savoir sur les importations ?

2 a ) Ces importations relèvent de la consommation de masse. Du coup, ce serait la catastrophe car les salaires internes ne suivraient pas. Ou alors il faudra sacrifier toute exportation bien que la balance commerciale soit déjà dans le rouge de manière chronique. Et il n’est pas réaliste non plus de prétendre rapatrier les chaînes de valeur de ces intrants. Le mieux qui puisse être fait c’est de recomposer la cohérence de la FS nationale dans certains secteurs stratégiques, c’est pourquoi le concept clé de mon Livre 3 analysait « les échelles de valeurs » soit la qualité et le rang de l’insertion de la FS nationale dans l’Economie mondiale et non pas les « chaînes de valeur » qui elles renvoient à l’organigramme des multinationales privées. Le Rapport Ramses 2007 a transformé mon concept utile d’échelle en concept bidon de chaîne. C’est catastrophique vu que désormais tout le monde parle avec aveuglement de chaînes de valeur en racontant beaucoup d’inepties et en perdant de vue l’essentiel, soit la compétitivité macroéconomique de la FS c.-à-d., sa cohérence productive. En fait, le Rapport Ramses 2007 illustre le propos par des tableaux sectoriels qui paradoxalement renvoient au concept fondamental et comparatif d’échelle de la valeur. Ils donnent une idée des spécialisations sectorielles comparatives en Europe.

2 b) S’il les importations font partie des intrants du processus productif, alors cela aggravera nos problèmes à l’exportation outre ceux qui existent déjà et ceux auxquels on peut s’attendre avec ces inepties sur les sources fossiles – et même sur l’hydrogène qui a certainement son rôle à jouer mais pas celui de remplacer les sources nécessaires pour le produire …

2 c ) Les importions d’intrants pour la production touchent souvent le commerce intra-firme, à savoir que la délocalisation induite par l’actuelle définition de l’anti-dumping – course au moins disant salarial et environnemental – est suivie par le rapatriement des pièces assemblées et vendues sur le marché national, cet assemblage étant de plus en plus effectué par les robots. Il y a quelques exemples de rapatriement de production grâce aux nouvelles technologies mais ceci est marginal et concerne des procès de travail très robotisés.

On le voit cette taxe carbone ainsi conçue est une pure ineptie économique et une double ineptie scientifique puisque le CO2 est bénéfique à la végétation et à l’agriculture, et que les sources d’énergie alternatives ne présentent pas un bilan carbone supérieur, du moins si on tient compte de leur construction et de leur recyclage. Y compris les batteries et les pales des éoliennes. En outre, les sources alternatives d’énergie éoliennes ou solaires ne sont concurrentielles que grâce aux onéreuses subventions pompées au détriment de EDG et GDF, entreprises publiques désormais sabotées par la privatisation rampante. Bien entendu, c’est le citoyen qui en fait les frais avec des factures d’électricité doublées depuis quelques années. M. Jancovici a au moins l’honnêteté de dire que ce choix est un choix de la décroissance qui, en outre, impose une moindre mobilité urbaine et géographique des gens. (Retour à la plèbe attachée à la glèbe ou gilets jaunes sans voiture ?) Or, le Recovery Fund destine près du tiers des fonds à ces inepties de Green New Deal et pas moins de 20 % au digital, dont bien entendu les nouveaux réseaux énergivores comme la 5G. Ce Recovery Fund n’est en fait qu’une dette publique encourue pour lever ces fonds sur le marché financier international avec la cote AAA de l’UE. Donc une dette à rembourser avec de nouvelles taxes européennes destinées à financer cette action budgétaire communautaire hors norme, ceci sans aucune consultation démocratique.

Dans le cadre de notre hypothèse de départ qui fait abstraction de l’acharnement idéologique contre le CO2 qui est pourtant bénéfique à la végétation et à l’agriculture, on peut alors mieux poser la question du commerce et des coûts de production comparatifs.

La question centrale est la suivante et elle a un double aspect : 1 ) le type d’investissement et ses conséquences ; 2 ) la définition de l’anti-dumping qui prévaut et la fiscalité qui en découle

1 ) Nos société sont matures et désormais sujettes à l’hégémonie du capital spéculatif. Les investissements ne vont plus dans la production mais dans la spéculation. De plus la R&D est monopolisée par les Gafam et autres entreprises transnationales privées – voir le scandale des molécules connues comme l’hydroxychloroquine qui sont écartées d’office par la médecine néolibérale privée car elles sont tombées dans le domaine peu onéreux des génériques bien qu’elles conservassent toute leur efficacité et celui des nouvelles molécules souvent bidon et nocives par exemple le remdesivir et certains vaccins peu efficaces ou dangereux comme celui utilisé contre la dengue, etc.

C’est partout pareil. Comme l’analysaient déjà au début des années 70s Barnett et Müller dans Global Reach, la plupart des startups innovantes qui ont un avenir sont immédiatement achetées à grand coût par les oligopoles installés afin de supprimer la concurrence potentielle ou pour la coopter par intégration de ces innovations dans leur processus de production, aujourd’hui via les bibliothèques d’applications disponibles.

Du coup, vouloir se retrancher sur un marché national ou régional érigé en forteresse n’a pas de sens commun car cela ne provoquera aucun nouvel investissement productif dans ces industries matures, du moins tant que l’on restera au sein du même paradigme. En outre, une vague de robots et de systèmes d’IA s’annonce de sorte que les inévitables restructurations technologiques supprimeront une grande quantité d’emplois. Certains au sein de l’Economic Forum de Davos conceptualisent déjà un Great Reset allant dans ce sens en cherchant à instrumentaliser les aspects positifs –douteux – du smart working et du working from home qui annoncent surtout un retour à l’inféodation de tous les membres du ménage vivant sous le même toit à leur procès de travail subalterne, à l’image des manufactures et des mines – v. Germinal de Zola – de la fin du XVIII et du XIX siècles qui employaient tous les membres d’une même famille élargie pour une bouchée de pain. Le salaire différé – journée de travail réduite, assurance-chômage et retraite, etc – était alors une des revendications clé du mouvement ouvrier. Mais cette fois le contrôle micro-tayloriste auquel sont déjà habitués les travailleurs des call-centers ou ceux d’Amazon et autres, se fera online 24 sur 24 !!!

Au demeurant la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont perdu la bataille de la concurrence au sein de l’UE vis-à-vis de l’Allemagne et du Nord européen ainsi qu’au niveau mondial vis-à-vis de la Chine. Pour sa part ce pays détient déjà des brevets importants dans toutes les technologies dites décarbonées, le tout appuyé par plus de robots et par un bassin de main-d’œuvre énorme, éduqué et encore très compétitif. Or, pour prendre l’exemple illuminant de l’Allemagne, on voit que ce pays pallie intelligemment le surcoût de son énergie verte par les importations de gaz . . Et par l’utilisation du charbon. Avec des énergies renouvelables car elles sont utiles dans une analyse coûts-bénéfices d’ensemble grâce aux certificats verts, c-à-d, aux certificats pour polluer !!! Si en plus vous vous positionnez en tête sur l’hydrogène en l’imposant légalement et en le subventionnant dans le cadre du Green New Deal soutenu par le Recovery Fund, alors vous avez des chances de vous en tirer comme nihilistes éveillés en laissant les nihilistes militants se ruiner en faisant du prêchiprêcha subordonné. Ce surcoût représente le coût à payer pour l’alliance politique obligée du fait du poids des Grünen dans un pays où les PC étaient interdits.

2 ) Quelle différence y a-t-il entre un capitaliste national qui privilégie la spéculation, les tax rulings, et les robots et un capitaliste étranger plus technologiquement efficace mais qui, grâce à la nouvelle anti-dumping, vous verserait les trois composantes du « revenu global net » des ménages ?

On le voit cette question est essentielle. Or, la nouvelle anti-dumping conjointement avec la réhabilitation du crédit public reste le seul moyen de reperdre la main dans un monde globalisé de manière heureusement irréversible – la Terre appartient à tout le monde – mais selon une logique de Fair Trade. Car, les cotisations paient la Sécu – donc le bienêtre social – et les impôts, complémentés par le crédit public, permettent la reconstitution de la cohérence économique nationale grâce à la réhabilitation fiscale de l’intervention de l’Etat, au moins pour les entreprises stratégiques et pour le maintien de la cohérence productive de la FS.

Bien entendu, si on déplaçait l’accent du CO2, en reconnaissant qu’il est bénéfique, sur la nouvelle anti-dumping nécessaire, on s’épargnerait bien des problèmes – dont la ruine socio-économique et scientifique qui découle inéluctablement du sous-financement de la recherche publique. Et, de surcroît, nous aurions alors le loisir plus sain de nous occuper des vrais polluants atmosphériques, des particules fines et du recyclage et substitution des plastiques.

La taxe carbone fut cyniquement inventée dans le cadre de la théorie fumeuse et vaguement raciste de « l’interdépendance asymétrique » – Joseph Nye et Keohane – devant jouer en faveur des USA et des pays du Centre qui dominaient alors les technologies de pointe contre les pays Semi-Périphériques et Périphériques. Cette fumeuse théorie a fait long feu et les USA et l’UE aujourd’hui perdants cherchent désespérément à s’inventer des parades comme le réchauffement climatique et la taxe carbone.

Pendant un temps, le président Trump était conscient que cette narration ultraréactionnaire découlait de l’ancien Report from the Iron Mountain, un document secret écrit par l’Establishment américain dans les années 50s. Ce document secret visait tout bonnement à préparer la société américaine à la réintroduction ou retour néo-nietzschéen vers « la société de la nouvelle domesticité et du nouvel esclavage moderne » pour pallier le problème des gains croissants de productivité libérant fatalement toujours plus de force de travail dangereusement désœuvrée, processus éminemment capitaliste, qui autrement mène fatalement au partage des richesses produites par un nouveau cycle de RTT. L’Administration Trump tenta donc de faire marche arrière pour ne pas être victime des narrations que son propre Establishment destinait aux prolétariats internes et externes. Cette réaction trumpienne fut aidée par la production de « shale gas and de shale oil » rendant les USA producteurs nets et exportateurs d’énergies fossiles, du moins pour un temps. On fait ici abstraction de l’empoisonnement des nappes phréatiques et des mini-tremblements de terre causés par ce fraking.

Mais le catéchisme du changement/réchauffement/ bouleversement climatique était déjà allé trop loin. La tragi-comique fluctuation sémantique montre seulement l’inadéquation des modèles du Giec très éloignés de la réalité observée avec l’exception du modèle soviétique hérité par les Russes. J’ai montré que ces modèles ne tenaient pas compte du permafrost et malgré la première page du manuel de chimie marine les Océans plus chauds n’emmagasinent pas mais exhalent au contraire le CO2 de sorte que les causes de l’acidification des Océans doit être cherchée ailleurs. En tenant compte de ces deux manquements graves des modèles des pitres du Giec et compte tenu de l’Histoire jusqu’en 1850 plus ou moins, il est clair que le taux de CO2 dans l’air suit mais ne précède pas le réchauffement dans ses grands cycles.

Aujourd’hui les USA tentent de freiner leur déclin en menant des guerres tarifaires perdues d’avance sans comprendre que la seule issue valable reste celle de l’adoption urgente de la nouvelle définition de l’anti-dumping protégeant les trois composantes « revenu global net » des ménages dans le cadre d’un monde désormais irréversiblement multipolaire. La Chine produisant plus de brevets que les USA et la UE, non seulement la fumeuse « interdépendance asymétrique » en faveur de l’Occident mais également son ridicule avatar, la taxe carbone, conçue comme barrière tarifaire invisible, sont enterrés avant de naître.

Dans ce petit jeu de dupes, les moins naïfs tenteront de tirer leurs marrons du feu en jouant le le jeu induit par ces nouveaux catéchismes tout en se positionnant et en se protégeant de leur mieux, ainsi l’Allemagne. Les autres se comporteront comme d’obéissant enfants de catéchisme.

On voit que la tentative d’utiliser la narration ascientifique du changement climatique anthropogène – voir la section Ecomarxismo de ce même site – et celle associée de la taxe carbone érigée comme nouvelle barrière commerciale invisible, ne sont que deux aspects d’une même bataille d’arrière-garde perdue d’avance.

Si on cherchait une analogie appropriée, on la trouverait aisément dans la guerre lancée contre les CFC – frigidaires et climatiseurs – culminant dans l’Accord de Montréal. Le marché des frigos et des climatiseurs était devenu mature. La demande nouvelle ne tenait qu’au renouvèlement du parc existant, les pays émergents étant encore en partie hors de cette course à la consommation. On prétexta alors de la gravité du Trou dans la couche d’ozone – dont personne ne parle plus aujourd’hui … – Trou qui pourtant n’avait rien à voir avec les CFC, puisque son étendue dépend surtout des vents froids en altitude et que les produits remplaçant les CFC se sont avérés encore plus nocifs pour l’atmosphère. Mais ceci permit de renouveler les parcs entiers avec la nouvelle technologie de réfrigération détenue par … Dupont de Nemours !!!

Bref, il est trop tard pour ces petits jeux mercantiles débiles et débilitants. Au mieux, si la folie mondiale anti-CO2 – voir le site scientifique des climato-réalistes ici : https://www.climato-realistes.fr/ – ne peut être inversée à temps en revenant aux réalités scientifiques, alors il conviendra de rester arcbouté sur le coût de production à ne pas confondre avec le coût du travail immolé sur l’autel de la déflation salariale, afin de pas sacrifier pour rien la compétitivité macroéconomique et la productivité micro-économique de la FS nationale et de l’UE.

Imaginons l’alternative suivante. La gauche défendrait la globalisation tous azimuts par le Fair Trade atteint en intégrant aux destructifs traités de libre-échange actuels, la nouvelle clause de l’anti-dumping axée sur la défense des trois composantes du « revenu global net » des ménages. Cette nouvelle clause deviendrait la règle d’interprétation des traités existants qui pourraient alors être généralisés sans le moindre inconvénient par tous les pays riches ou pauvres. Ceci se ferait aisément sans avoir à renégocier tous les traités, processus ardu qui exige l’unanimité de tous les membres de l’OMC. On réaffirmerait également la clause de la nation la plus favorisée ainsi que l’illégalité criminelle des mesures d’extraterritorialité.

Remarquez en outre l’irrationnelle subordination des pays à quelques monnaies dominantes comme le dollar américain. On commerce avec les USA pour gagner des devises pour acheter du pétrole ou des autres marchandises en dollars dans des pays tiers. Ceci n’a pas de sens. Il suffit, bien entendu, que les divers pays planifient leurs imports-exports bilatéraux en fonction de leurs besoins en s’accordant des swaps de ligne de crédit bilatéraux dans leurs propres monnaies. Des ajustements se feraient alors de temps à autres lors du renouvèlement des accords. Pour plus de flexibilité on peut également prévoir la conversion éventuelle de ces deux monnaies en un panier multilatéral en attendant une vraie réforme du FMI et de la Banque mondiale telle qu’envisagée dans mon Tous ensemble.

En attendant que la nouvelle définition de l’anti-dumping soit entérinée à l’OMC, rien n’empêche les Etats membres de l’UE d’adopter une faible surtaxe à l’importation anticipant cette nouvelle définition de l’anti-dumping pour abonder les cotisations sociales servant à soutenir les 4 et bientôt 5 branches de la Sécu. Une telle mesure rendrait d’autant plus facile l’introduction d’une nouvelle ronde de RTT qui soutient par définition tant les salaires nets, que les cotisations – salaire différé – que les impôts. En effet, la RTT repose sur une norme plein-emploi. Rien n’empêche l’introduction d’une telle faible surtaxe, puisque les Affaires Sociales sont une compétence nationale exclusive des Etats membres.

De la sorte, la France récupèrerait rapidement près de 80 à 90 milliards d’euros aujourd’hui dilapidés sous forme de ridicules exonérations des cotisations sociales octroyées dans le cadre de la déflation salariale induite par les traités de libre-échange. Dernièrement, il y eut les 20 milliards annuels du CICE, à quoi s’ajoutent les dernières mesures anti-crises multimilliardaires répétant les mêmes erreurs, sans la moindre contrepartie pour les travailleurs si non la précarité croissante et le démantèlement du Code du travail. Idem pour les autres pays de l’UE. De quoi voir le financement de la dette publique sous un autre angle tout en concevant la relocalisation économique de manière bien plus rationnelle et pratique. Surtout si l’on ajoutait une part de crédit public pour financer la dette publique directement sur le marché primaire, gagnant ainsi des marges budgétaires nouvelles année après année.

Il serait bon que la gauche authentique lançât un débat objectif sur la question avant qu’il ne soit trop tard.

Paul De Marco

 

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